2011 sera une année de transition

Mis à mal par les dernières réformes budgétaires mettant fin à différentes exonérations sociales, le secteur des services à la personne (SAP) a bien su résister en 2010 selon une étude de l'agence nationale des services à la personne (ANSP).

Un bilan relativement positif mais vite affaibli par les prévisions pour l'année 2011. Dans son "observatoire de l'emploi et de l'activité dans les services à la personne", l'ANSP estime ainsi que "la suppression du régime d'exonérations sociales au bénéfice du particulier employeur et l'application du régime de droit commun des abattements de charges sociales aux organismes agréés auront un impact sensible sur l'activité et l'emploi au cours de l'année 2011".

Ainsi, "l'année 2011 pourrait être une année de transition marquée par la stabilisation de l'emploi et de l'activité".

Deux millions d'heures travaillées en moins en 2011

Dans le détail, l'ANSP prévoit une baisse  de 17 millions d'heures travaillées pour les salariés de particuliers employeurs. Une baisse à peine compensée par les assistantes maternelles (+12 millions d'heures) et les salariés de prestataires (+ 3 millions d'heures).

Selon l'organisme national, cette baisse générale de 2 millions d'heures de travail (soit  -0,15% par rapport à 2010), serait "la première depuis le lancement du plan de développement des services à la personne en 2005".

Plus de salariés en 2011 ?

De manière générale le nombre de salariés du secteur (assistantes maternelles et prestataires compris) devrait très légèrement augmenter en 2011 par rapport à 2010, avec 21 000 embauches supplémentaires dont 10 000 du côté particuliers employeurs et 5 000 embauches supplémentaires pour les prestataires.

Une valeur ajoutée en hausse

D'après l'étude, la valeur ajoutée du secteur, c'est à dire en gros la valeur économique "nette" du secteur , sa croissance, devrait être positive à + 3,7 %, avec 17,3 milliards d'euros prévus  pour 2011 contre 16,3 milliards d'euros en 2010. Une croissance expliquée ici par :

  • "la hausse des contributions sociales du fait de l'hypothèse d'élimination de l'exonération de 15 points pour les particuliers employeurs déclarant au réel" ;
  • la "stagnation du nombre d'heures totales prestées dans le secteur" ;
  • et "la hausse des rémunérations des salariés aussi bien chez les particuliers employeurs que chez les prestataires".

Malgré cette hausse, la part des services à la personne dans l'économie reste inchangée à 0,95 %.

En conclusion, sans nouveau rebondissement ou réformes structurelles négatives, le secteur devrait  résister tant bien que mal en 2011 à un contexte budgétaire particulièrement difficile. Cependant la "survie" est loin d'être un idéal, et une stagnation économique, quelque peu paradoxale au vue de la forte demande, laisse présager le pire pour les années à venir.

Commentaires

De manière générale, le secteur des services aux particuliers est celui qui résiste le mieux. Par contre ce n'est pas là qu'on fait fortune, à moins d'être dans la personnalisation des voitures de luxe. ^^ Avec la crise cependant, tout ce qui est services de confort de vie, a pu être partiellement touché.