Un projet de loi sûr d'être rejeté

Déposé par les députés socialistes, le projet de loi contre le décrochage scolaire débattu à l'Assemblée nationale ce jeudi visait essentiellement à aborder le problème par un autre angle. Pour les défendeurs du projet, l'essentiel est d'attaquer le problème du décrochage de l'intérieur. Ces derniers souhaitent ainsi "prévenir plutôt que guérir le phénomène du décrochage".

Repoussée en commission, la proposition de projet de loi (PPL) n'a quasiment aucune chance d'être adoptée ni même votée ces prochains jours, ce à quoi s'attendaient les élus de gauches avant même sa déposition.

Pour le député rapporteur du projet, Yves Durand, interrogé par le quotidien "La voix du Nord" le 07 juin 2011, cette PPL n'a aucune chance d'être adoptée "car le rapport de forces nous est défavorable à l'Assemblée. Mais dans le débat parlementaire, nous tenterons de démontrer que le gouvernement actuel manque d'ambition éducative et cherche des palliatifs. Il faut des moyens humains et une volonté politique pour redonner le goût d'apprendre et le désir d'école".

Trois mesures phares

Balayés par le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, les arguments du projet tenaient essentiellement à revenir sur le problème tel qu'il a été abordé par le gouvernement. Dans le détail, trois mesures phares ont ainsi été présentées.

Un accompagnement interne et préventif

La proposition la plus innovante aborde l'idée d'un accompagnement individuel à l'intérieur même de l'établissement, en opposition à un système de soutien scolaire "externes" et aux exclusions-sanctions,  avec la désignation parmi l'équipe éducative d'un "tuteur" pour chaque élève en situation de décrochage.

Parallèlement, le texte préconisait la mise en place de cellules de veilles éducatives à tire de prévention, ainsi qu'une remise au goût du jour des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) dans les écoles primaire, mais également dans les collèges.

La suppression des allocations remis en cause

Entrée en vigueur le le 24 janvier de cette année, la loi Ciotti permettant la suspension des allocations familiales pour absentéisme scolaire répété, est largement décriée par le projet de loi. Les députés défendeurs appelant même à son abandon. Pour ces derniers, "cette mesure n'a aucun sens. Elle fait peser sur des parents souvent débordés l'échec scolaire de leur enfant".

L'école obligatoire dès 3 ans

Depuis 1959 (ordonnance n° 59-45 du 6 janvier 1959), la scolarité est obligatoire de six à seize ans révolus. Dans la PPR, une proposition vise à instaurer l'âge minimum de cette obligation scolaire à 3 ans. Pour les députés socialistes, l'école maternelle reste à ce jour "la variable d'ajustement du système scolaire" et se doit donc d'être obligatoire.

Une proposition peu révolutionnaire pour le ministre, ce dernier invoquant un taux effectif de scolarisation proche de 100 % pour cet âge. Considérant toutefois cette mesure comme "la plus intéressante" bien que nécessitant une "concertation avec l'ensemble des acteurs concernés".

Pour Yves Durand, le décrochage scolaire concerne 150 000 à 200 000 élèves tant par l'absentéisme physique qu'intellectuel, "sans aucune participation [de l'élève] à la vie de sa classe".

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