Un personnel usé

Dénonçant des conditions de travail de plus en plus dures, les syndicats (CFDT, CFTC, CGT, SUPAP, UCP et UNSA), représentant le personnel des crèches municipales parisiennes ont appelé à une grève générale de ces services. Une grève qui devrait débuter ce mardi et pourrait durer jusqu'à vendredi selon les syndicats. Ces derniers demandent la mise en place d'un "volant de remplacement équivalent à deux personnes par établissement et le remplacement de la prime d'assiduité par une prime forfaitaire de 1500 euros par an".

De son côté la municipalité, invoque un contexte difficile, "l'ouverture de nombreuses crèches, des difficultés de recrutement,  ainsi qu'un fort absentéisme, ...".  Pour cette dernière, les engagements pris dans le cadre des"des rendez-vous thématiques tous les quinze jours"  ont pourtant été respectés. Des négociations devraient se tenir en juin prochain.

Pas de service minimum

La mairie de Paris conseille aux parents de contacter leur crèches pour plus de renseignement. Les "lieux municipaux d'accueil de la petite enfance" n'étant pas concernés par le service minimum d'accueil, les parents devront se préparer à prendre leurs dispositions pour garder leurs enfants, la mise en place d'un dispositif de garde rassemblant le personnel non gréviste n'étant que très peu probable.

Un mécontentement général

Le cas parisien n'est pas isolé. Plusieurs fois déjà, un mouvement national regroupé sous le collectif "pas de bébé à la consigne" s'est organisé. Et les motifs de protestations sont toujours les mêmes : une augmentation du nombre d'enfants accueillis couplée à un manque de personnel évident, auquel s'ajoute une "déqualification" des agents avec de moins en moins de personnel qualifié, auxiliaires de puériculture, éducateurs jeunes enfants, ou encore puéricultrices.

Des nouveaux modes d'accueils au mépris des règles

Pour le collectif, la mise en place exponentielle des relais d'assistantes maternelles (RAM) et des jardins d'éveil est considérée comme potentiellement néfaste pour l'éducation des jeunes enfants.

Ainsi, les RAM sont perçus par beaucoup comme des "nouvelles crèches low-cost", des modes de gardes plus qu'un accueil professionnel, auxquels ne s'appliqueraient pas les règles de base des structures collectives.

Concernant les jardins d'éveil, outre la crainte d'une embauche de personnel insuffisante (un encadrant pour huit enfants selon la législation), les professionnels de la petite enfance rejoints par les enseignants de maternelle, craignent un développement à motif plus "budgétaire", qui permettrait de retarder l'entrée des enfants en maternelle et donc permettrait au gouvernement de réaliser d'importantes économies.

Ce mois-ci plusieurs appels à la grève ont été lancés par le collectif "pas de bébé à la consigne", le jeudi 6 mai, et dans une plus grande mesure, le jeudi 12 mai à l'intention de tous les professionnels de la petite enfance.

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