Un sondage positif

À la base des discussions, un sondage réalisé par le CSA, à la demande de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Réalisée auprès de 308 collégiens en situation de handicap et 300 principaux de collèges, cette étude met en avant les évolutions positives quant à la scolarisation des élèves handicapés. Ainsi :

  • 83 % des élèves sondés se disent "satisfaits" du déroulement de leur scolarité ;
  • 46 % bénéficient d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ;
  • sur ceux bénéficiant d'un AVS, 13 % estiment avoir besoin d'aides supplémentaires ;
  • 12 % des élèves ne disposant d'un AVS souhaiteraient en avoir un ;
  • enfin, 77 % des collégiens interrogés pensent poursuivre leurs scolarité au moins jusqu'au lycée.

 Du côté des chefs d'établissements, le constat reste plutôt positif.

  • 90 % de principaux sondés disent avoir au moins un élève handicapé dans leur établissement ;
  • parmi eux, 73 % disposent d'un  ou plusieurs AVS pour l'accompagnement de ces élèves ;
  • enfin, ils estiment leurs établissements accessibles à 62 % à la totalité des élèves.

Le gouvernement se félicite

Pour le ministère de l'Éducation nationale, ce constat confirme les efforts et mesures entrepris jusqu'alors. D'après le ministère, en septembre 2010, 201406 élèves handicapés étaient scolarisés dont environ 35000 en maternelle, 91000 en primaire, 63000 en collège, et 12000 au lycée (général, technologique et professionnel). En 2005, date de la loi sur "l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapée", ils étaient 133000 à être scolarisés en "milieu ordinaire".

Concernant l'accompagnement, le gouvernement estime qu'en 5 ans, "le nombre d'élèves accompagnés par un auxiliaire de vie scolaire individuelle a plus que triplé avec 61000 enfants en bénéficiant".

Encore des choses à faire pour les associations

Saluant  toutefois, le "bilan quantitatif positif", les associations présentes comme, l'association des paralysés de France (APF), l'association pour les adultes et les jeunes handicapés (APAJH) et associations de parents d'élèves et d'aide au handicap ont mis en avant les problèmes non abordés par l'étude et pourtant très importants.

Ainsi un manque de formation spécifique des enseignants par rapport au handicap des élèves, a pu être constaté par l'APF et l'APAJH. Concernant l'accompagnement, les associations jugent le statut d'AVS trop précaire, mal reconnu et ne pouvant offrir de fait un accompagnement continu. À propos des programmes en cours, l'accent à été mis particulièrement sur la "lente mise en place des plans personnels de scolarisation" (PPS) ainsi que sur le manque de places disponibles au sein des différentes classes d'intégration scolaire (Clis) et des unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis).

Suite à ce débat, la Halde publiera prochainement un rapport sur "ce qu'il reste à faire sur la scolarisation des enfants handicapés".

Commentaires

C'est une fois que les AVS développent les compétences nécessaires pour assurer auprès des élèves en situation de handicap (les AVS se forment surtout sur le terrain!) qu'on leur demande gentiment de dégager. La grande logique de rentabilité de l'éducation nationale... Voici une pétition à diffuser : http://www.pourlemetieravs.org/index.php?p=8
Pourquoi demander à des AVS de recevoir une formation continue pour les licencier ensuite ? Quel gachi humain et financier.
Alors que L'école est en difficulté, ne dites pas le contraire de la réalité !, le gouvernement et ses amis de l'APF, de l'APAJH se félicitent. alors que l'AMI, l'UNAISSE et d'autres se battent pour réclamer une vraie formation des AVS (assistant de vie scolaire) sans grand résultat puis pour qu'ils soient en nombre suffisant ce qui fut fait en 2007 ! Mais sans modifier leur statut... En Novembre 2010, ceux qui avaient fait 5 ans ont été licenciés et non remplacés... C'est un effet de la politique gouvernementale. Croyez-vous qu'on va ouvrir des postes d'AVS alors qu'on supprime chaque année des postes de professeurs ? Croyez-vous que l'Etat va leur financer des formations adaptées alors qu'il restreint tous les budgets ? Une fois de plus il se contente de faire une loi assez bonne pour calmer les esprits et se lave les mains de la mise en oeuvre nous laissant nous débrouiller comme toujours. De toutes façons ce n'est pas la santé ni l'éducation qui l'occupent ; c'est le fric, la rentabilité. Nos enfants handicapés ne sont pas rentables. Vous pouvez transmettre à tous ces bienfaiteurs, ces grands esprits qui décident à la place des personnes handicapées, se rencontrent et se serrent les coudes. Des analyses, des chiffres, des graphiques, des accords ... et à la sortie les difficultés réelles des personnes handicapées demeurent, jusqu'à ce qu'à leur tour, elles réagissent et se fâchent !