Un projet pour et par les élèves

Ils étaient en échec scolaire, de "mauvais élèves", des éléments perturbateurs, juste des jeunes perdus et démotivés en somme. En 2009, un concept nait à Narbonne, là où les différents modes de soutien scolaire ou de repêchage se sont avérés inefficaces, les entreprises viennent au secours des élèves en difficulté. Le but : les impliquer davantage dans un projet, leur projet.

Une classe vraiment professionnelle

Baptisé "Entreprise junior Narbonne VH3", le projet réside dans un partenariat entre l'entreprise Matex International et le collège Victor Hugo, et les 21 élèves de la 3ème découverte professionnelle 6 du collège. Concrètement, la classe se comporte comme une réelle entreprise, en montant et en commercialisant des vélos pliants "B'Fold 14 pouces". Auparavant, ces vélos se sont vendus à près de 60000 exemplaires, par le groupe Matex via l'enseigne Décathlon. Jusqu'en 2010 ces vélos étaient fabriqués en Chine.

En plus des cours plus "traditionnels" (langues, histoire-géo, mathématiques, ...), les élèves suivent, tous les jeudi de 8h à midi et les vendredi de 13 heures à 14 heures, des cours spécifiques de techniques commerciales, financières, administratives et de communication. Afin de les aider dans leur parcours, ils sont suivis par deux professeurs conseillers, un coordinateur et un référent entreprise. La formation est ainsi basée sur un apprentissage par la pratique.

Un système qui marche

Créé il y a 3 ans, ce procédé connait un véritable succès, en témoignent les élèves de cette promotion et ceux des promotions passées. Pour le coordinateur du projet, "le but de ce programme spécifique est de réconcilier les élèves avec le collège, et de développer leur ambition. Certains ne poursuivraient pas si on ne les poussait pas. Or, les deux précédentes promotions ont montré qu'ils allaient ensuite en apprentissage, en BAC pro ou CAP. Très peu laissent tomber les études".

Un avenir incertain

Malgré les différents souhaits formulés par les instances nationales de lutter contre le décrochage et l'échec scolaire, l'avenir de cette méthode est des plus flou. Le budget prévu pour l'an prochain par l'Éducation nationale remettrait en cause le mode de fonctionnement du projet, ouvrant la possibilité d'un sur-effectif (portant les classe à une trentaine d'élèves, complexifiant de fait, les interactions et l'organisation du projet), voire même à un abandon de la classe.

Commentaires

Il n'y a pas de commentaires pour le moment