Au sujet du vieillissement de la population et des dépenses de l'Assurance maladie, il a parlé d'un "problème dont on ne parle jamais" et a qualifié de "luxe" le coût des frais d'hospitalisation d'une personne très âgée.
En ce qui concerne « l'effet du vieillissement sur la hausse des dépenses d'assurance maladie et la manière dont on va le financer », Alain Minc a exposé le cas de son père : "La collectivité française a dépensé 100000 Euros pour un homme de 102 ans, c'est un luxe immense, extraordinaire, pour lui donner quelques mois ou je l'espère quelques années de vie."Puis il a ajouté "Je trouve aberrant que quand le bénéficiaire a un patrimoine ou quand ses ayants-droit ont des moyens, que l'Etat m'ait fait ce cadeau à l'oeil, et donc je pense qu'il va falloir s'interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux, en mettant à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont un, ou le patrimoine de leurs ayants droit.".
Ces propos remettent en cause le principe de solidarité. Une personne qui a cotisé toute sa vie et qui devenu senior aurait besoin de soins ne pourrait donc pas bénéficier du principe de solidarité. Faut-il alors dans la même logique donner une cagnotte aux héritiers d'un vieux qui n'aurait jamais été malade?
Voici la vidéo de l'émission (le passage sur les dépenses médicales se situe après la 21ème minute) :

Que pensez-vous de ce point de vue? Pensez vous comme Alain Minc qu'il faut traiter différemment les soins pour les personnes âgées?

Commentaires

Réaction du Professeur Moulias à l'interview d'Alain Minc Mr Minc fait l'erreur habituelle, guidée par l'âgisme qui reste le plus ancien des racismes. Il est bien démontré, notamment par les travaux de R Rochefort, que ce n'est pas le "vieillissement" de la population qui augmente les dépenses de santé. Le "vieillissement" traduit la meilleurs longévité des individus, donc leur meilleur état de santé et de validité. Ce n'est pas en soi une cause de dépense de santé La cause de l'augmentation des dépenses de santé, qui devrait d'ailleurs se poursuivre, est moins médiatisée. C'est le fait que progressivement depuis les vingt dernières années du 20ème siècle, les malades chroniques vivent. Ils vivent quel que soit leur âge. Des malades qui dans les années 1980 vivaient de quelques mois à deux années, vivent aujourd'hui, mais sous traitements, parfois très couteux. Que ce soient par exemple les mucoviscidoses de l'enfance, les sidas, les cancers métastasiés, les insuffisances rénales chroniques ou les Parkinson de l'adulte, les Alzheimer de la vieillesse, ces personnes vivent désormais de longues années. La mortalité cardio -vasculaire a diminué de 50 %. Elle n'est plus la première cause de mortalité. Mais ces "survivants" (sans invalidité pour cette pathologie), vivent tous sous traitements. Il parait illogique de se plaindre de ces progrès. A quoi serviraient les avancées économiques et sociales si leur résultat sur la quantité et la qualité de la vie humaine étaient supprimés ? Les ressources du progrès ne servent pas qu'à s'acheter chaque jour plus de gadgets made in China. Les meilleurs indicateurs de développement durables sont l'espérance de vie et le % de personnes "âgées". Ces gains en durée et en qualité de vie ne sont ils pas ce qui donne le plus de sens aux progrès ? En France sur les 13.500.000 "personnes âgées", 12.000.000 sont sans incapacités majeures de quel droit argumenter leurs soins ? Et celles qui sont plus ou moins "dépendantes" par quelle aberration totalitaire une société aussi riche que la notre leur refuserait elle les soins nécessaires ? Les économistes aiment nous rappeler que l'économie aussi a une Ethique. Ne laissons pas diffuser sans réagir ces informations inexactes qui servent les rumeurs âgistes et les vieux démons malthusiens. Professeur Robert Moulias