L'euphorie du deuxième trimestre semble retombée. D'après la note de conjoncture de la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), les mouvements de main-d'œuvre en France métropolitaine marquent le pas au 3e trimestre 2025. Au total, 6 442 500 contrats ont été signés dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit une baisse de 0,7 % par rapport au trimestre précédent.
Le CDI en recul constant
Si le volume global des embauches diminue, c'est la structure de ces
recrutements qui attire l'attention.
- Les CDD (Contrats à Durée Déterminée) : Ils représentent toujours l'immense majorité des flux avec près de 5,5 millions de signatures. Ce volume est en repli de 0,6 % (après une hausse de 1,0 % au T2).
- Les CDI (Contrats à Durée Indéterminée) : Le recul est plus marqué et plus inquiétant pour la stabilité de l'emploi. Avec 989 800 signatures, les embauches en CDI chutent de 1,2 %. C'est le deuxième trimestre consécutif de baisse pour les emplois pérennes.
Fins de contrats : une quasi-stabilité
Du côté des ruptures de contrats, la situation reste relativement stable. Le nombre de contrats prenant fin s'établit à 6 492 100 (+0,1 %).
On observe cependant une divergence notable selon le type de contrat :
- Moins de fins de CDI : Le nombre de ruptures de CDI continue de diminuer (-1,1 %), s'établissant à un peu plus d'un million. Cela pourrait suggérer une certaine frilosité des salariés à quitter leur poste (baisse des démissions) ou une volonté des entreprises de conserver leurs effectifs stables.
- Hausse des fins de CDD : À l'inverse, les fins de CDD augmentent légèrement (+0,3 %), atteignant près de 5,5 millions.
Des disparités sectorielles marquées
L'analyse sur une année glissante révèle que tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. La dynamique de l'emploi change de visage selon les branches d'activité :
- En repli : Les services aux entreprises et la construction voient leurs mouvements de main-d'œuvre diminuer nettement sur un an. Le secteur du bâtiment, souvent baromètre de la santé économique, semble particulièrement touché.
- En hausse : À l'inverse, le tertiaire non marchand (santé, action sociale, administration) affiche une nette hausse. Le secteur de l'information-communication tire également son épingle du jeu, dans une moindre mesure.
🔍 Zoom : Le paradoxe des Services à la Personne
Alors que la note générale de la Dares exclut les "particuliers employeurs", ce secteur mérite une attention particulière car il éclaire la hausse du "tertiaire non marchand".
Le secteur des services à la personne (SAP) vit une mutation en cette fin 2025 :
- L'emploi direct à la peine : Les ménages, contraints par l'inflation, réduisent la voilure sur l'emploi direct (femmes de ménage, jardiniers payés en CESU). Les volumes horaires y sont stagnants, voire en léger effritement.
- Les prestataires en relais de croissance : Paradoxalement, les besoins n'ont jamais été aussi forts, démographie oblige (vieillissement de la population). Cette demande se reporte vers les structures prestataires (associations, entreprises). Ce sont elles qui alimentent la hausse des embauches constatée dans le "tertiaire non marchand".
- Une pénurie structurelle : Malgré le ralentissement économique global, ce secteur reste en forte tension. On estime qu'il manque toujours plusieurs centaines de milliers de professionnels pour accompagner la dépendance et la petite enfance. Dans ce domaine, le problème n'est pas le manque de contrats, mais bien le manque de candidats.
Ce qu'il faut retenir
- Tendance globale : Les embauches reculent de 0,7 % au 3e trimestre 2025.
- Point de vigilance : Les embauches en CDI baissent pour le deuxième trimestre consécutif (-1,2 %).
- Secteurs : La construction et les services aux entreprises ralentissent, tandis que le tertiaire non marchand recrute.