L'aide à domicile, un secteur sous tension

Les métiers de l'aide à domicile jouent un rôle essentiel dans le maintien à domicile des personnes âgées ou en situation de handicap, ainsi que dans le soutien aux familles. Pourtant, ce secteur souffre depuis plusieurs années d'un manque d'attractivité et de difficultés de recrutement. Les raisons ? Des salaires modestes, des horaires morcelés, des déplacements nombreux et une reconnaissance sociale encore insuffisante.

Avec le vieillissement de la population et l'augmentation des besoins d'accompagnement, les structures peinent à recruter et à fidéliser leurs équipes. Les conseils départementaux, cofinanceurs du secteur, ont longtemps bloqué les augmentations salariales, révélant une fragilité structurelle: les responsabilités sont partagées, mais les moyens ne suivent pas toujours.

Une hausse salariale attendue depuis des années

Portés et salués par la FNADEPA  (Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées), ces textes, les avenants 75 et 76 de la BAD (Branche de l'Aide à Domicile), apportent enfin une réponse concrète à deux revendications majeures: la hausse des salaires et l'ajustement des frais professionnels.

La revalorisation du salaire pour les aides à domicile du secteur associatif marque une avancée significative. Ce qui change officiellement depuis le 1er juin 2026:

  • Les salaires (Avenant 75): une hausse moyenne de 63€ bruts par mois pour environ 100 000 salariés (après 4 ans de gel salarial dans cette branche).
  • Les indemnités kilométriques (Avenant 76): elles passent de 0.38€ à 0.40€ par kilomètre.
  • Les aides complémentaires: revalorisation à 100€ de la prime forfaitaire "grands rouleurs" pour les professionnels les plus mobiles, et mise en avant du dispositif de leasing social pour l'achat de véhicules électriques.

Celle-ci vise plusieurs objectifs:

  • Garantir un salaire supérieur au SMIC dès l'entrée dans la profession pour éviter le tassement des bas salaires.
  • Valoriser l'ancienneté et les compétences des professionnels qualifiés.
  • Redonner de l'attractivité au secteur auprès des jeunes diplômés et des profils en reconversion.

Quel impact pour les métiers du domicile ?

Cette double hausse réglementaire s'applique à l'ensemble des salariés des structures appliquant la convention collective de la branche de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile (convention BAD).

Sont directement impactés positivement les profils essentiels du secteur, notamment:

  • Les Auxiliaires de vie, ou AES
  • Les TISF (techniciens de l'intervention sociale et familiale)
  • Les aides ménagères et agents à domicile

Un signal fort, mais des défis persistants

Si cette réforme est une étape importante, elle ne suffit pas à résoudre tous les problèmes du secteur. Plusieurs défis restent à relever:

  • Un financement durable: les conseils départementaux, cofinanceurs de la mesure, s'étaient opposés à cette hausse pendant plus d'un an. La question du financement à long terme reste ouverte. Ce désaccord illustre une difficulté bien connue dans l'aide à domicile: le partage des responsabilités entre l'État, les départements et les structures employeuses reste fragile.
  • Pour les salariés du secteur privé, ces revalorisations ne s'appliquent pas. En effet, ils dépendent de la convention collective nationale des Services à la Personne et ils sont exclus légalement du dispositif.

A retenir
  • Le gouvernement a validé une hausse des salaires dans l'aide à domicile associative à compter du 1er juin 2026.
  • Environ 100 000 professionnels sont concernés par cette revalorisation.
  • L'indemnité kilométrique passe de 0.38€ à 0.40€ par kilomètre.
  • Une prime forfaitaire "grands rouleurs" a aussi été revalorisée.
  • Cette avancée répond à un besoin de reconnaissance, mais le financement du secteur reste fragile.