Pour cause de crise sanitaire, le projet de loi Grand âge est reporté. Une décision inadmissible pour les quatre fédérations associatives de l'aide, de l'accompagnement et des soins à domicile – Adédom, ADMR, Fnaap/CSF et UNA, qui ont exprimé leur colère dans un communiqué.

Illustration de l'article Le projet de loi Grand âge et autonomie de nouveau reporté

Attendu depuis des années, et souvent repoussé, le projet de loi Grand âge semblait bien engagé cette fois. Voulu par le président de la République, il devait être le marqueur social de son quinquennat, et être une réponse globale sur les enjeux du grand âge. Si tout s’était passé comme prévu, il aurait dû être présenté en ce début d’année 2021.

Mais c’était sans compter la pandémie de la Covid-19. Dans son compte-rendu du Conseil des ministres du 13 janvier, le porte-parole du gouvernement a clairement laissé clairement qu’il était mis de côté pour l’instant. Il en est de même pour la réforme des retraites.

Une prise en charge des personnes âgées qui ne peut attendre

Ces reports successifs ont suscité un tollé général chez les acteurs du secteur, et les quatre fédérations associatives de l'aide, de l'accompagnement et des soins à domicile – Adédom, ADMR, Fnaap/CSF et UNA ont exprimé leur indignation dans un communiqué commun paru avant-hier. « Il y a urgence à ce que le gouvernement passe des paroles aux actes et engage de vrais moyens pour le domicile », soulignent-ils.

Il n’est pas concevable, pour eux, qu’il faille attendre que la crise sanitaire soit réglée pour s’y atteler. « Aujourd’hui, faute de personnel et de moyens financiers, il est déjà impossible d’honorer toutes les demandes d’accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap

De nombreux rapports sont parus ces dernières années (de Dominique Libault, de Myriam El Khomri, de Denis Piveteau et du Haut conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge), qui tous concluent sur la nécessité de revaloriser les métiers de l'aide et des soins à domicile, et d'identifier des financements pérennes pour le secteur.

Pour les quatre associations, il est indispensable que la loi soit mise en œuvre pour l’été 2021, avec des financements adéquats.

Des besoins de postes supplémentaires auprès des personnes âgées

Selon le rapport El Khomri remis à la ministre des solidarités et de la santé le 29 octobre 2019, près de 93 000 postes supplémentaires devraient être créés d’ici à 2024 (soit 18 500 postes supplémentaires par an) pour répondre au vieillissement démographique et améliorer les conditions de prise en charge des personnes âgées. Le rapport souligne aussi la nécessité de revaloriser les métiers du soin et leurs perspectives d’évolution, à la fois dans les EHPAD et à domicile.

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Commentaires
22 jan. 2021

Depuis le rapport de Dominique Libault posant les bases d'une nouvelle politique de soutien à l'autonomie, le gouvernement annonce comme prioritaire une loi qui devait être votée en 2019, puis avant l'été 2020. Confinement oblige, elle devait ensuite être présentée en Conseil des ministres avant la fin 2020. Puis le Président Emmanuel Macron, en personne, l'a annoncée pour à la fin du premier semestre 2021. Aujourd'hui, la ministre déléguée à l'Autonomie Brigitte Bourguignon affirme toujours la vouloir pour cet été. Mais certains au gouvernement jugent que cette réforme n'est pas un «projet porteur» pour 2022 !

21 jan. 2021

Cinquième branche autonomie :
Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées attendront encore !

La mise en place de cette 5e branche couvrant la perte d’autonomie, annoncée comme un chantier majeur de la fin du quinquennat pour les personnes handicapées, vient d’être reportée sine die « en raison de la crise COVID ».

Les engagements de la Ministre n’auront duré que le temps des débats parlementaires et de l’inscription du principe dans la loi.

Cette nouvelle branche de Sécurité Sociale, dont la gestion est confiée à la CNSA, est attendue, et sa mise en place urgente pour apporter une réponse au besoin d’amélioration et de simplification de la prise en charge de la perte d’autonomie.


Pour la FNATH qui demandait depuis plusieurs années la création d’une cinquième branche « autonomie », la crise sanitaire ne peut pas servir de prétexte.

Bien au contraire, cette période a mis en lumière de manière beaucoup plus marquée les manques pour répondre aux besoins des personnes en situation de handicap et en perte d’autonomie. Il est donc urgent d’agir et de tenir le calendrier initialement annoncé à grand renforts de promesses, lesquelles une fois encore ne seront pas tenues.

La FNATH en appelle à la Ministre Brigitte Bourguignon pour que la cinquième branche se mette en place dès 2021. Elle n’a été que trop attendue par les personnes concernées.