Quand on ne nous parle pas du modèle allemand, on nous vante les mérites de nos lointains voisins scandinaves. Finalement, on sait peu de choses de ces pays discrets, si ce n'est, par bribes sur leur sens de l'égalité entre les citoyens notamment. 

A St Ouen, en Seine-Saint-Denis, la crèche Bourdarias a décidé de lutter contre le sexisme dans l'éducation des tout petits, en s'inspirant justement du modèle suédois. Au final, pour éviter les clichés en tous genres, pas de joujoux prédéterminés selon le sexe des enfants. Ainsi donc, les petites filles peuvent jouer à bricoler comme maman et les petits garçons à cuisiner comme papa. 

Pour la formation des professionnels de la petite enfance à l'éducation non sexiste

L'initiative a séduit le gouvernement à tel point que deux ministres (des femmes...) se sont rendues sur place pour promouvoir les bienfaits de ce principe éducatif. Najat Vallaud-Belkacem, ministre pour le Droit des femmes et Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille ont donc visité l'établissement. 

La deuxième envisage de faire la promotion de cette idée, voire même d'étendre le concept à la formation de tous les professionnels de la petite enfance. Arrivée donc de la sensibilisation à la notion de sexisme dans le milieu de la petite enfance, et ce, très officiellement. Une première qui laisse présager que la prise en compte la lutte contre le sexisme dans l'éducation des tout petits pourrait être un préalable efficace à « l'égalité des sexes » et donc, à la parité dans notre société. 

Lutter contre les violences faites aux femmes, favoriser la parité plus tard

Prendre le « mal » à la racine en quelque sorte. La lutte contre le sexisme dès le plus jeune âge des enfants devrait également servir de levier pour lutter contre les violences faites aux femmes, sous toutes leurs formes et la Seine-Saint-Denis l'a bien compris en s'attaquant à ce fléau à bras le corps.

Dans la crèche Bourdarias, l'expérimentation a cours depuis mars 2009 pour « déconstruire les stéréotypes en changeant les habitudes de jeu des enfants. » Et ça ne se limite pas aux jeux. La façon de s'adresser aux enfants a été revue. Considérer qu'un petit garçon doit être fort et ne pas pleurer ou encore complimenter une petite fille sur sa toilette sont des approches de l'enfant basées sur leur sexe et donc bannies. 

Ne pas interdire pour autant d'être un petit garçon qui aime la bagarre

Dans les pages du Figaro, la directrice explique chercher « à ne pas reproduire les stéréotypes. Notre premier objectif est de favoriser la confiance en soi des enfants, filles ou garçons et de leur ouvrir le champ des possibles. » Pour autant, le respect de l'identité et des souhaits des enfants demeure intact. Pas question d'interrompre les rêves de princesses des petites filles et d'embêter un garçon qui aime bien la bagarre, chacun doit pouvoir s'affirmer dans son sexe s'il le souhaite, l'objectif reste de tout proposer à l'enfant sans le consigner dans un univers différencié selon son sexe.

Pour aller plus loin dans la démarche, tous les livres jugés inopportuns ont été retirés de la bibliothèque. Pas d'ouvrages avec papa qui lit le journal dans son fauteuil en fumant sa pipe, pendant que maman prépare le repas... 

Prochaine étape rêvée, le suivi de ces enfants dans une vingtaine d'années quand ils auront (peut-être) une vie de couple. Est-ce que la répartition des tâches ménagères, de l'éducation des enfants se fera sur un modèle différent de l'actuel ? A suivre...

Commentaires

Il n'y a pas de commentaires pour le moment