Emmanuelle Riva a 85 ans. La dernière fois qu'elle est venue à Cannes pour le festival, c'était pour son rôle dans « Hiroshima mon amour », le drame de Marguerite Duras porté à l'écran par Alain Resnais. 

Jean-Louis Trintignant a 81 ans. Sa dernière montée des marches remonte à 1988 avec « Ceux qui m'aiment prendront le train » de Patrice Cherreau. Déjà, en 1966, l'acteur participait à une très belle histoire d'amour récompensée par le jury d'alors : « Un homme et une femme » de Claude Lelouch. 

Plus de chabada ba da dans le film de Michale Haneke. Toujours l'amour, mais plus le fougueux de la jeunesse. L'amour dévoué d'un vieil homme, Georges, pour sa femme de toujours, Anne, qui s'en va, doucement. 

Être confronté à la souffrance de quelqu'un qu'on aime nous arrivera à tous. C'est une quasi-certitude pour le réalisateur autrichien. Dans « Amour », il montre au public la déchéance du corps, sans voyeurisme, sentimentalité, ni complaisance aux dires des critiques. 

La dépendance s'installe progressivement à la suite d'un accident vasculaire cérébral. Anne perd d'abord sa mobilité, puis l'élocution et elle s'enfonce dans le brouillard, la mémoire à la dérive. Georges l'accompagne jusqu'au bout de sa vie. 

Isabelle Huppert est la fille de ce couple d'anciens professeurs de musique. Egalement musicienne, elle vie à l'étranger. Une distance géographique, mais aussi un mise à l'écart souhaitée par son père qui cherche à limiter l'intrusion dans le huit clos de sa vie de couple qui touche à sa fin.

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