Un bouclier ciblé pour le mois d’avril
Le coût global de ce plan est estimé à près de 70 millions d'euros. Contrairement aux crises précédentes, celle-ci est marquée par une forte volatilité des cours liée au blocage du détroit d'Ormuz et à des arrêts de production dans le Golfe.
Pour garantir la responsabilité des finances publiques, ces mesures sont strictement limitées à la période du mois d'avril 2026 et seront financées par des annulations de crédits au sein des ministères concernés. Elles s'appliquent aussi bien à l'Hexagone qu'aux territoires d'Outre-mer.
Trois secteurs prioritaires sous perfusion
Le plan se décline en aides directes calibrées pour répondre à l'urgence de chaque filière :
- Transports routiers (50 M€) : Les TPE et PME du transport de marchandises et de voyageurs, justifiant de difficultés de trésorerie, recevront une aide forfaitaire exceptionnelle équivalente à 20 c€/L. Un guichet dédié sera prochainement ouvert.
- Agriculture (14 M€) : Les agriculteurs bénéficieront d'une exonération totale du droit d'accise sur le GNR (Gazole Non Routier) pour le mois d'avril. Par ailleurs, la France demandera dès lundi à Bruxelles la suspension du mécanisme d'ajustement carbone (MACF) sur les engrais pour préserver la compétitivité des exploitations.
- Pêche (5 M€) : Une aide de 20 c€/L sera accordée sous forme de remboursement sur les factures de carburant. L'objectif est de permettre aux navires de continuer à sortir en mer malgré des coûts d'énergie représentant jusqu'à 35 % de leur prix de revient.
Mesures de trésorerie et solidarité inter-filières
Au-delà des aides directes, le Gouvernement active plusieurs leviers pour soulager la trésorerie des entreprises :
- Facilités fiscales et sociales : Report de cotisations et étalement des échéances fiscales sans frais ni majoration.
- Prêts « Boost carburants » : Un dispositif opéré par Bpifrance permettant aux TPE d'emprunter jusqu'à 50 000 € sur une durée de 1 à 3 ans.
- Médiation : Le Médiateur des entreprises est mobilisé pour surveiller les délais de paiement et éviter que les petites structures ne soient pénalisées par les donneurs d'ordre.
Cap sur la décarbonation
Si l'urgence est au soutien financier, l'exécutif prépare déjà l'après-crise. Ce plan de soutien est le prélude à un "grand plan d’électrification des usages" qui sera présenté la semaine prochaine. S'inscrivant dans la suite de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, ce projet vise à décarboner définitivement l'industrie, les transports et le logement pour réduire la dépendance de la France aux hydrocarbures importés.
Face à la hausse des prix du carburant, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a exclu ce 26 mars sur RTL toute baisse générale des taxes ou tout plafonnement à la pompe. Seules des aides ciblées, réservées aux « gros rouleurs » et à certains professionnels, seront annoncées « dans les tout prochains jours ». Un choc de prix, pas de pénurie, assume-t-il. L'objectif est clair: Bercy choisit ses protégés, et préfère aider certains plutôt que tous.