1. Qui paie ? (Les recettes)
Le financement repose sur trois piliers principaux :
- La TVA : C’est la première source de revenus de l’État. Tout le monde la paie, ce qui en fait l'impôt le plus "universel". Dans les services à la personne, il existe plusieurs taux de TVA.
- L’Impôt sur le Revenu (IR) : Contrairement aux idées reçues, il est très concentré. Une minorité de foyers fiscaux (environ 45%) s'en acquitte, les 10% les plus riches payant l'essentiel de la somme.
- Les Cotisations Sociales : Payées par les salariés et les employeurs, elles sont directement fléchées vers la protection sociale.
2. Qui reçoit ? (Les dépenses)
Selon les données de France TDB et du gouvernement, la dépense publique est phagocytée par un bloc massif : la Protection Sociale (56%).
Contrairement à une croyance répandue, le "train de vie de l'État" (les ministères, les dorures, les voitures officielles) est marginal. L'essentiel de l'argent retourne directement aux citoyens sous diverses formes :
- Les retraités : C'est le premier poste de dépense. La France a l'un des systèmes de retraite les plus généreux au monde.
- Les malades : Le remboursement des soins, des médicaments et le financement des hôpitaux représentent une part colossale du budget.
- Les familles et les plus précaires : Allocations familiales, aides au logement (APL), RSA et indemnités chômage.
Retrouvez la répartition des dépences et des recettes sur le tableau de bord de la France.
Le poids du "Modèle Social" : 56% des dépenses
Le chiffre est vertigineux : plus de la moitié de chaque euro dépensé par la collectivité sert à protéger les individus contre les aléas de la vie (vieillesse, maladie, chômage).
Si l'on ajoute à cela l'Éducation Nationale et la Défense, il ne reste que très peu de marge de manœuvre. Cela signifie que toute réduction significative de la dépense publique touche nécessairement au portefeuille direct des Français : soit par une baisse des pensions, soit par un moindre remboursement des soins, soit par une réduction des aides sociales.
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Horizon 2027 : Le courage politique est-il possible ?
La question posée est cruciale : Qui aura le courage de proposer des réductions de dépenses en 2027 ?
Réduire les dépenses publiques en France est un exercice périlleux pour trois raisons :
- Le clientélisme électoral : Toucher aux retraites, c'est s'aliéner le premier corps électoral (les seniors). Toucher aux aides sociales, c'est risquer l'explosion sociale dans les quartiers et les zones rurales.
- La dépendance aux services publics : Une grande partie de la classe moyenne ne survit que grâce aux transferts (allocations, services publics gratuits). Réduire la dépense, c'est mécaniquement baisser le niveau de vie de millions de foyers.
- La dette "douce" : Jusqu'ici, la France a pu financer son modèle par l'endettement. Tant que les marchés prêtent, la tentation de ne rien changer reste forte.
Le défi de 2027 : Le candidat qui prônera une baisse drastique des dépenses devra être capable d'expliquer aux Français que le pays vit au-dessus de ses moyens. Cela implique de redéfinir le contrat social : doit-on tout rembourser ? Doit-on partir à la retraite plus tard ? Doit-on conditionner davantage les aides ?
À ce jour, peu de figures politiques semblent prêtes à assumer un discours de "vérité budgétaire" qui, s'il est économiquement rationnel, est souvent électoralement suicidaire. Le débat de 2027 ne sera pas seulement économique, il sera moral : sommes-nous prêts à recevoir moins pour que l'État survive demain ?