Un récit inspiré d’une histoire vraie

Qui brille au combat raconte l’histoire d’une famille confrontée au handicap lourd de l’une de ses filles. Le film adopte un point de vue rarement exploré : celui de la sœur, témoin direct de la violence émotionnelle, de l’amour inconditionnel, mais aussi de la fatigue, de la colère et de la culpabilité qui traversent les proches.

Joséphine Japy s’est inspirée de sa propre sœur, en situation de handicap, pour construire ce récit. Dans plusieurs interviews, notamment relayées par TF1 Info et le CNC, elle explique avoir voulu raconter « ce que l’on ne montre jamais », à savoir la complexité des sentiments dans les familles concernées. Ni héroïsation, ni misérabilisme : le film cherche avant tout la vérité.

Le handicap au cœur de la fratrie

Ce qui distingue Qui brille au combat d’autres œuvres traitant du handicap, c’est précisément ce choix narratif centré sur la fratrie. Le film ne se focalise pas uniquement sur la personne handicapée, mais sur l’ensemble de l’écosystème familial.

Comme le souligne Faire Face, cette approche permet de montrer une réalité souvent invisible : les frères et sœurs grandissent avec des responsabilités précoces, des émotions contradictoires et parfois un sentiment d’effacement. Le film met des mots et des images sur ces expériences rarement reconnues.

Le film fait également écho aux défis quotidiens rencontrés par les familles, notamment autour de la parentalité et de la scolarisation, des enjeux que nous avons analysés plus en détail dans notre dossier sur la scolarisation des enfants en situation de handicap.

Dans un article d’Informations Handicap, plusieurs spectateurs concernés témoignent s’être reconnus dans ces situations, saluant un film « qui fait du bien parce qu’il dit vrai ».

Une mise en scène sobre et incarnée

Sur le plan cinématographique, Joséphine Japy fait le choix de la sobriété. La caméra est souvent à hauteur de regard, proche des corps et des visages. Cette proximité crée une immersion émotionnelle forte, sans jamais tomber dans le pathos.

La critique de Télérama souligne la justesse de cette mise en scène, qui laisse la place aux silences et aux non-dits. Le film avance par petites touches, à l’image du quotidien des familles concernées, fait de répétitions, d’usure, mais aussi de moments de grâce. La bande originale, accompagne discrètement le récit, renforçant l’émotion sans la surligner.

Un regard frontal sur le handicap

Dans ses prises de parole, Joséphine Japy assume une volonté claire : forcer le regard. « Je voulais pousser les personnes à regarder le handicap en face », confie-t-elle dans une interview à TF1 Info. Le film ne cherche pas à rassurer le spectateur, mais à l’inviter à sortir de sa zone de confort.

En donnant à voir ce que la société préfère souvent ignorer, Qui brille au combat s’inscrit dans la même démarche que certaines initiatives visant à rendre le handicap plus visible et mieux compris, comme le symbole du tournesol, dont nous parlions dans notre article consacré à ce signe qui rend visible le handicap invisible.

Cette démarche est saluée par plusieurs médias, dont L’Éclaireur Fnac et Allociné, qui évoquent un film « dérangeant par moments, mais profondément humain ». Le handicap y est montré dans sa réalité brute, sans filtre, avec ce que cela implique de contraintes, de renoncements et de luttes quotidiennes.

Un film qui ouvre le débat

Depuis sa sortie, Qui brille au combat a suscité de nombreuses discussions, notamment autour de la place des aidants et des fratries dans la société. Le film met en lumière un angle mort des politiques publiques et des représentations culturelles.

Il rappelle aussi l’importance de reconnaître les proches comme des acteurs à part entière, souvent invisibles, mais essentiels dans l’accompagnement du handicap.

Avec ce film, Joséphine Japy livre un film rare, courageux et profondément humain. En choisissant de raconter le handicap à travers le prisme de la fratrie, elle propose un regard neuf, loin des clichés et des récits simplifiés.

Ce long-métrage ne prétend pas apporter de réponses toutes faites, mais il ouvre un espace de réflexion et d’empathie. Un film nécessaire, qui invite à regarder le handicap autrement et non pas comme une exception, mais comme une réalité humaine, complexe et profondément universelle.

Pour aller plus loin...

Nous vous invitons à découvrir notre podcast : Offrir un lieu de répit dédié aux familles confrontées au handicap : la mission des Bobos à la Ferme.

Dans une société où les aidants jouent un rôle essentiel mais souvent invisible, il est primordial de valoriser et soutenir ces personnes qui consacrent leur énergie et leur temps à accompagner un proche en situation de dépendance. C’est dans cet esprit qu’Élodie D’ANDREA, cofondatrice des Bobos à la Ferme, a imaginé un lieu unique où les aidants et leurs familles peuvent enfin souffler et se ressourcer.
    
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