Une obligation légale désormais encadrée

Instaurée par la loi, la certification périodique devient pleinement applicable grâce aux derniers textes réglementaires publiés par le ministère de la Santé. Elle concerne un large panel de professionnels : médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, entre autres.

Le principe est simple : tous les professionnels de santé devront, à intervalles réguliers, justifier du maintien et de l’actualisation de leurs compétences. Cette certification s’inscrit dans un cycle pluriannuel et repose sur plusieurs piliers, déjà partiellement connus à travers le développement professionnel continu (DPC).

Cette certification périodique s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance et d’évolution des métiers du soin, illustré notamment par la loi infirmière, qui redéfinit en profondeur le rôle des infirmiers.

Quels sont les objectifs de la certification périodique ?

La certification périodique poursuit plusieurs objectifs complémentaires. Elle vise d’abord à garantir un haut niveau de qualité des soins, dans un contexte où les connaissances médicales évoluent rapidement. Elle permet également de prévenir les risques liés aux pratiques professionnelles, en encourageant une démarche d’amélioration continue.

Selon le ministère de la Santé, ce dispositif doit aussi renforcer la confiance des patients, en rendant plus lisible l’engagement des soignants dans leur formation tout au long de la carrière. Il s’agit moins de sanctionner que d’accompagner les professionnels dans l’évolution de leurs pratiques.

Elle intervient également dans un contexte de profondes mutations démographiques du secteur, alors que la France connaît un véritable choc démographique dans la santé, avec une féminisation croissante du corps médical.

Comment fonctionne concrètement la certification ?

La certification périodique repose sur quatre axes principaux : 

  • la formation continue ;
  • l’évaluation des pratiques professionnelles ;
  • la gestion des risques ;
  • la prise en compte de la qualité de vie et des conditions d’exercice. 

Chaque professionnel devra démontrer, sur une période donnée, qu’il a mené des actions relevant de ces axes. Ces actions peuvent prendre différentes formes : formations validées, participation à des groupes d’analyse de pratiques, démarches qualité, ou encore actions de prévention des risques professionnels.

Les modalités exactes varient selon les professions, comme le détaillent Egora et Le Quotidien du Médecin. Les ordres professionnels jouent un rôle central dans le suivi et le contrôle du dispositif.

Un rôle renforcé des ordres professionnels

Les ordres sont chargés de vérifier le respect de l’obligation de certification périodique. Ils interviennent comme garants du cadre déontologique et du bon déroulement du processus.

En cas de non-respect de l’obligation, une procédure progressive est prévue. Elle privilégie d’abord l’accompagnement et la mise en conformité, avant toute éventuelle sanction disciplinaire. L’objectif affiché est clair : éviter une approche punitive et favoriser l’adhésion des professionnels.

Le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, par exemple, insiste sur le caractère structurant de cette nouvelle obligation, qui s’intègre pleinement au parcours de formation continue existant.

Une mise en œuvre progressive selon les professions

La certification périodique n’entre pas en vigueur de manière uniforme pour tous. Certains professionnels, comme les pharmaciens d’officine, disposent déjà d’un cadre opérationnel clairement défini, comme le souligne Le Moniteur des pharmacies.

Pour d’autres professions, la montée en charge sera progressive, afin de laisser le temps aux structures, aux ordres et aux professionnels eux-mêmes de s’adapter. Cette progressivité répond à une crainte souvent exprimée : celle d’une « usine à gaz » administrative, pointée notamment par le Journal international de médecine (JIM).

Des inquiétudes… mais aussi des opportunités

Si la certification périodique suscite des interrogations, voire des réticences, elle est aussi perçue comme une opportunité. Beaucoup de professionnels y voient un moyen de mieux valoriser leur engagement, leurs compétences et leur expertise.

Elle pourrait également contribuer à améliorer les conditions d’exercice, en intégrant des dimensions souvent mises de côté, comme la prévention de l’épuisement professionnel ou l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Dans un système de santé sous tension, cette reconnaissance formalisée du développement professionnel continu peut devenir un levier de qualité et d’attractivité.

Dans ce contexte, la certification périodique devra aussi composer avec l’essor des nouvelles technologies et des pratiques innovantes, portées par de nombreuses startups de la santé qui façonnent la médecine de demain.

En conclusion

La certification périodique des professionnels de santé marque une évolution importante du cadre d’exercice des soignants en France. En structurant les obligations de formation et d’évaluation des pratiques, elle vise à renforcer la qualité des soins tout en accompagnant les professionnels dans la durée.

Si sa réussite dépendra largement de sa mise en œuvre concrète et de sa simplicité d’usage, elle s’inscrit dans une logique désormais incontournable : celle d’un soin de qualité, fondé sur des compétences actualisées et reconnues. Un enjeu majeur, à la fois pour les professionnels… et pour les patients.