Un sigle devenu « étiquette répulsive »
Le terme Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) est relativement récent. Apparu dans la sphère administrative à la fin des années 1990, il ne s’est imposé dans le langage courant qu’au milieu des années 2000.
Pourtant, en deux décennies, ce sigle est devenu, selon Julien Damon, une « étiquette répulsive ». Entre les scandales de gestion qui ont fait la une et l’image de lieux de fin de vie « tristes », l’Ehpad cristallise aujourd’hui les angoisses collectives. Pour une famille, l’évocation de l’entrée en Ehpad est souvent vécue comme un déchirement, une rupture brutale plutôt que comme une solution d'accompagnement.
Sortir de la technocratie pour retrouver l’humain
Le problème de l’acronyme Ehpad réside dans sa froideur chirurgicale. Il définit le lieu par la « dépendance » de ses occupants, plutôt que par sa fonction de lieu de vie.
Julien Damon, chroniqueur, essayiste et enseignant responsable du modle "villes et habitants" à l'Ecole des Ponts PariTech, propose de revenir à l’appellation « maison de retraite ». Si le terme peut sembler désuet, voire suranné pour certains, il possède une vertu essentielle : il est évocateur de protection, de repos et de convivialité. À l’image des « pensions de famille », il résonne avec une dimension plus bienveillante et moins bureaucratique.
Changer le regard pour changer le quotidien
Bien sûr, changer un nom ne réglera pas d’un coup de baguette magique les défis colossaux du grand âge :
- Le besoin de un million de places d'ici 2050 (contre 600 000 aujourd'hui).
- Le manque de moyens financiers et humains.
- Les enjeux juridiques et éthiques de la prise en charge.
Cependant, la sémantique est un levier symbolique puissant. En transformant l’Ehpad en « maison », on redonne au résident le sentiment d’être chez lui. On permet aux familles de percevoir l’établissement comme un prolongement du domicile et non comme une « voie de garage ».
Comme le souligne le chroniqueur, le personnel de ces établissements réalise, dans l'immense majorité des cas, sa mission avec un professionnalisme et une humanité admirables. Redonner un nom digne à ces lieux, c'est aussi valoriser le travail de ceux qui y exercent et le quotidien de ceux qui y vivent.
Chez Aladom, nous accompagnons chaque jour des milliers de familles dans leur recherche de solutions pour leurs proches. Nous sommes convaincus que la bientraitance commence par les mots que nous utilisons. Et vous, préférez-vous le terme « maison de retraite » ou « Ehpad » ?
Source : Chronique de Julien Damon, Le Point, février 2026.