Un profil type : Senior, éloigné de l'emploi et souvent handicapé
Le bénéficiaire de l'ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) ne ressemble pas au demandeur d'emploi classique. En 2021, on comptait environ 440 000 allocataires, dont le profil est marqué par l'âge et la santé :
- L'expérience du temps : 50 % des bénéficiaires ont entre 50 et 64 ans (contre seulement 23 % pour les bénéficiaires de l'ARE).
- La santé : Plus d'un quart (25 %) bénéficie d'une reconnaissance administrative de handicap, un chiffre trois fois supérieur à la moyenne nationale.
- Le logement : Si 37 % vivent en HLM, leur âge leur permet d'être tout aussi souvent propriétaires de leur résidence principale (sans crédit) que les allocataires de l'ARE (20 %).
Un niveau de vie supérieur au RSA, mais largement sous la moyenne
L'étude met en lumière une hiérarchie marquée de la pauvreté monétaire selon le type d'allocation perçue :
- Bénéficiiare du RSA : 950 € de niveau de vie mensuel médian, taux de pauvreté = 66%
- Bénéficiaire de l'ASS : 1 200 € de niveau de vie mensuel médian, taux de pauvreté = 50 %
- Bénéficiaire de l'ARE (Chômage) : 1 700 € de niveau de vie mensuel médian, taux de pauvreté = 20 %
- Pour l'ensemble de la population, le niveau de vie mensuel médian est de 1 930 €
Ainsi, bien que la moitié des ménages ASS vivent sous le seuil de pauvreté, ils disposent en moyenne de 250 euros de plus par mois que les ménages au RSA. Cette différence s'explique notamment par des parcours professionnels passés plus longs, l'ASS intervenant après l'épuisement des droits au chômage.
Pour permettre un retour à l'emploi de nombreux CDI sont proposés dans les services à la personne.
La dépendance aux aides publiques
L'ASS est une prestation dite "non-contributive" (versée sans condition de cotisation préalable). Pour ces ménages, le poids des aides sociales dans le budget total est massif :
- Pour les ménages ASS : Les prestations sociales (logement, famille, handicap, ASS) représentent 49 % de leur revenu disponible.
- Pour les ménages RSA : Cette dépendance grimpe à 64 %.
- Pour les ménages ARE : Elle chute à seulement 12 %.
L'essentiel : Si l'ASS permet d'éviter la grande exclusion propre au RSA pour une partie des allocataires, elle concerne une population vieillissante et souvent fragile physiquement, pour qui le retour à l'emploi s'avère particulièrement complexe.