C’est justement ce que met en lumière l’Upsadi dans son récent communiqué de presse : accompagner les personnes atteintes de cancer à domicile ne se limite pas aux soins médicaux. La nutrition à domicile, assurée par les prestataires de santé à domicile (PSAD), peut devenir un facteur de survie, permettant aux patients de poursuivre leurs traitements hors de l’hôpital, dans un cadre sécurisé et plus apaisant.

Revenir à domicile après un cancer : un moment charnière

Après une hospitalisation ou entre deux traitements, le retour à domicile marque une étape sensible. Selon les informations de l’Institut national du cancer, de nombreux patients peuvent bénéficier de soins et d’aides à domicile pour assurer la continuité de leur prise en charge.

Ce retour ne signifie pas la fin des difficultés. Douleurs, perte d’énergie, troubles digestifs ou baisse de l’appétit font partie du quotidien de nombreuses personnes malades. À cela s’ajoutent parfois l’isolement et la charge mentale pour les proches aidants.

La nutrition, un enjeu majeur dans le parcours de soins

La dénutrition concerne une part importante des patients atteints de cancer. Elle peut être liée à la maladie elle-même, aux traitements (chimiothérapie, radiothérapie) ou à des troubles du goût et de l’odorat. Or, une mauvaise alimentation fragilise l’organisme, augmente le risque de complications et peut compromettre la poursuite des traitements.

Le témoignage relayé par l’Upsadi est particulièrement éclairant. Mme R., suivie après un cancer de l’estomac, a perdu 12 kilos et ne parvenait plus à s’alimenter. « Il m’était devenu impossible de reprendre du poids seule. La nutrition artificielle est devenue essentielle à ma survie », explique-t-elle. La mise en place d’une nutrition à domicile, prescrite par l’hôpital puis assurée par un PSAD, lui a permis de reprendre du poids, de retrouver un peu de force et de continuer sa chimiothérapie hors de l’hôpital.

Comme le souligne l’INRAE, le portage de repas à domicile constitue par ailleurs un levier efficace pour améliorer l’état nutritionnel des personnes âgées ou fragilisées, notamment lorsqu’elles souffrent de pathologies lourdes (source). Dans le contexte du cancer, ces dispositifs prennent tout leur sens : apports nutritionnels contrôlés, textures adaptées, accompagnement personnalisé, autant d’éléments qui contribuent directement au maintien de l’énergie et de l’autonomie.

Les services à domicile : bien plus que des soins

Les services à domicile mobilisables pendant ou après un cancer sont nombreux et reposent sur une chaîne de métiers encore trop invisibles, comme le rappelle l’Upsadi. Ils ne se limitent pas aux actes médicaux.

Les prestataires de santé à domicile interviennent sur prescription médicale et assurent :

  • l’installation et l’adaptation du matériel médical (lit médicalisé, dispositifs de nutrition, pompes) ;
  • la continuité entre la prescription hospitalière et le quotidien du patient ;
  • le suivi des protocoles et les ajustements nécessaires ;
  • l’accompagnement nutritionnel par des diététiciens spécialisés. 

Dans le cas de Mme R., l’accompagnement régulier d’un diététicien PSAD à domicile a permis d’adapter la nutrition artificielle à son état de fatigue et à ses capacités du moment. « À domicile, tout se faisait dans le calme, dans un environnement plus paisible. Je me sentais plus rassurée », confie-t-elle. Au-delà des soins, cette organisation logistique (livraisons anticipées, astreinte 24h/24, matériel complété rapidement) a été déterminante pour limiter la fatigue et sécuriser le maintien à domicile.

Pour concrétiser cet accompagnement au quotidien, de nombreuses familles se tournent vers des annonces de services à domicile, afin de trouver rapidement des professionnels capables d’intervenir autour des soins, de l’aide à la personne ou du soutien logistique.

La Ligue contre le cancer rappelle que ces aides sont essentielles pour permettre aux personnes malades de rester chez elles dans de bonnes conditions, tout en soulageant les proches aidants.

Une approche globale : les soins de support

La nutrition s’inscrit dans ce que l’on appelle les soins de support. Ces soins visent à améliorer la qualité de vie des patients, en complément des traitements contre le cancer.

Ils incluent notamment le soutien nutritionnel, la prise en charge de la douleur, l’accompagnement psychologique ou encore l’aide sociale. Selon la Ligue contre le cancer, ces soins sont indispensables pour « mieux vivre avec la maladie ».

À domicile, cette approche globale permet de replacer la personne au centre de son parcours, dans un environnement familier, plus rassurant.

Parallèlement au développement des soins à domicile, l’innovation technologique progresse également, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle en oncologie, un sujet que nous avons exploré dans notre dossier sur l’IA et le cancer, entre révolution médicale et méfiance citoyenne.

Le rôle clé des proches aidants

Derrière chaque personne malade, il y a souvent un proche aidant : conjoint, enfant, parent, ami. Leur rôle est fondamental, mais il peut vite devenir épuisant.

Les services à domicile contribuent à alléger cette charge, en apportant un soutien concret et régulier. L’Observatoire sociétal des cancers de la Ligue contre le cancer souligne d’ailleurs l’impact social et psychologique majeur de la maladie sur l’entourage (source).

En déléguant certaines tâches, notamment liées à l’alimentation ou aux soins, les aidants peuvent se recentrer sur leur rôle affectif et relationnel.

Cet accompagnement à domicile repose aussi largement sur l’engagement des proches aidants, dont le rôle essentiel mais éprouvant est souvent sous-estimé, comme le montre notre analyse sur les proches aidants en France, pilier invisible mais sous pression.

Vivre avec un cancer à domicile : un choix, mais aussi un droit

Vivre à domicile avec un cancer est aujourd’hui reconnu comme une possibilité, voire un objectif, dès lors que les conditions sont réunies. Le site gouvernemental Pour les personnes âgées rappelle que des solutions existent pour accompagner les personnes atteintes de maladies graves à domicile.

Ce maintien à domicile repose sur une coordination fine entre professionnels de santé, services sociaux et acteurs du domicile.

Transformer les vécus en actions concrètes

À l’occasion des Journées mondiales contre le cancer, le 4 et le 15 février, la Ligue contre le cancer appelle à transformer les vécus individuels en actions collectives, afin de mieux accompagner les personnes malades et leurs proches.

Le développement des services à domicile, notamment autour de la nutrition, s’inscrit pleinement dans cette logique : partir des besoins réels pour construire des réponses adaptées.

En conclusion

Face au cancer, les services à domicile ne relèvent pas du confort, mais bien d’un enjeu vital pour de nombreux patients. Le témoignage mis en avant par l’Upsadi rappelle avec force que, sans nutrition à domicile et sans l’intervention coordonnée des PSAD, certains parcours de soins seraient tout simplement impossibles hors de l’hôpital.

Nutrition artificielle, accompagnement diététique, matériel médical, disponibilité 24h/24 : ces dispositifs permettent aux patients de rester chez eux, de poursuivre leurs traitements et de préserver un cadre de vie plus humain, tout en soulageant les proches aidants.

À l’heure où les soins se déplacent de plus en plus vers le domicile, rendre visibles ces acteurs et renforcer leur rôle apparaît comme une nécessité collective, au service de la qualité de vie, de la continuité des soins et de la dignité des personnes touchées par le cancer.

Pour aller plus loin...

Nous vous invitons à découvrir notre podcast : Vivre après le cancer du sein : le témoignage touchant de Christiane

Elle pensait juste passer un examen de routine… En 2010, Christiane, à l'époque âgée de 64 ans, est allée faire une simple mammographie. Mais en sortant, ce n'était plus une journée comme les autres : on venait de lui diagnostiquer un cancer du sein.
   
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