Un fossé générationnel et informationnel

Le chiffre est de taille : 60 % des moins de 35 ans considèrent l’IA comme un simple « gadget » dans le diagnostic et le traitement des cancers. À l’inverse, les seniors (65 ans et plus) sont 78 % à être convaincus de son potentiel thérapeutique.
Ce scepticisme semble s'enraciner dans un manque d'information généralisé :
  • 67 % des Français ignorent que l'IA est déjà utilisée dans près de 70 % des établissements hospitaliers pour lutter contre le cancer.
  • 60 % ne savent pas qu’elle peut détecter certains cancers jusqu’à cinq ans avant les premiers symptômes.
  • 56 % ignorent l'existence des « jumeaux numériques » capables de simuler la réponse d'un patient à un traitement.

L’IA : Une réalité déjà concrète dans les laboratoires

Pourtant, la recherche progresse à grands pas sous l'impulsion de la Fondation ARC, qui a alloué plus de 33 millions d'euros à la recherche en 2024. Parmi les projets phares, on trouve :
  • Les biopsies virtuelles : À l’Institut du cancer de Montpellier, l'équipe de Stéphanie Nougaret utilise la radiomique pour transformer l'imagerie médicale en données exploitables, permettant de mieux prédire la réponse aux traitements des cancers de l'ovaire et du pancréas.
  • Les patients virtuels : Au Centre Léon Bérard à Lyon, un programme utilise l’IA pour créer des cohortes numériques afin d'accélérer les essais cliniques et pallier les difficultés de recrutement de patients réels.

Le défi de la confiance et de l'équité

L'étude souligne également un risque de fracture sociale. Dans les foyers percevant moins de 2 000 € par mois, l'inquiétude grimpe à 63 %, et plus de la moitié des sondés craignent que l'IA ne bénéficie qu'aux plus favorisés.
Pour le Pr Éric Solary, vice-président de la Fondation ARC, l'heure est à la pédagogie : « Son acceptation nécessite le respect de règles de transparence et d'éthique ». Si 81 % des Français se disent prêts à partager leurs données médicales, ils exigent en retour des garanties strictes de sécurité et d'anonymisation.
L'enjeu est désormais de transformer cette « IA-Fiction » en une réalité comprise et acceptée de tous pour accélérer la victoire contre la maladie