Le paysage de l'épargne retraite en France est en pleine mutation. Après plusieurs années de stabilité relative, les cotisations versées au titre de la retraite supplémentaire ont bondi de 10 % en euros constants en 2024 par rapport à l'année précédente. Avec un total de 21,4 milliards d'euros, le marché dépasse son précédent record de 2021 et confirme l'attrait croissant des Français pour ces dispositifs.
Le PER : le nouveau moteur de l'épargne
L’enseignement majeur de cette année 2024 est l'hégémonie désormais quasi totale du Plan d’Épargne Retraite (PER), instauré par la loi PACTE. Ces nouveaux produits captent désormais 77 % de l’ensemble des cotisations, contre seulement 69 % il y a deux ans.
Le graphique de ventilation des cotisations depuis 2005 illustre parfaitement cette transition : on observe une substitution massive des anciens produits (comme les contrats "Article 83" ou le Perco) au profit de la nouvelle gamme PER. En détail, la collecte se répartit ainsi :
- PER Individuel : 10,1 milliards d’euros (soit 87 % des cotisations individuelles).
- PER d'entreprise collectif : 3,6 milliards d’euros.
- PER d'entreprise obligatoire : 2,8 milliards d’euros.
Une dynamique portée par les entreprises et les particuliers
La croissance de 2024 est équilibrée, bien que légèrement plus soutenue par le cadre professionnel. En effet, 57 % de la hausse globale provient des contrats souscrits via l’employeur (collectifs), tandis que 43 % relèvent de démarches individuelles et privées.
Cette vitalité s'explique par la souplesse des nouveaux dispositifs, qui permettent plus facilement de transférer ses droits ou de choisir entre une sortie en capital ou en rente.
Des prestations en hausse modérée
Si les cotisations s'envolent, le montant des prestations versées progresse plus sagement : 8,9 milliards d'euros ont été distribués en 2024 (+0,9 % en euros constants).
L’
espérance de vie en bonne santé est estimée à environ 11,3 ans pour les femmes et 9,9 ans pour les hommes en 2024. Aujourd'hui, 2,7 millions de personnes bénéficient de ces revenus complémentaires, la grande majorité (2,4 millions) sous forme de rentes viagères. Cela représente un peu plus de 13 % de l'ensemble des retraités des régimes obligatoires en France, soulignant que si l'épargne retraite reste un complément, elle devient une composante de plus en plus significative du niveau de vie des seniors.
Ces chiffres, publiés en open data, feront l'objet d'une analyse approfondie dans l'édition 2026 du Panorama "Les retraités et les retraites" de la Drees, attendue pour l'été prochain.