C’est un signal politique fort qu’a envoyé le Sénat. En l’espace de quelques heures, deux visions de la fin de vie se sont affrontées au Palais du Luxembourg, aboutissant à des résultats radicalement opposés pour les deux propositions de loi en discussion.
Un plan massif pour les soins palliatifs
Le premier texte, visant à garantir un accès universel à l’accompagnement et aux soins palliatifs, a été adopté par une très large majorité (307 voix contre 17). Pour les sénateurs, l’urgence est avant tout de combler les déserts médicaux en matière de fin de vie.
Pour ce faire, la Chambre haute a doublé les crédits alloués à la stratégie nationale pluriannuelle pour la période 2026-2034. Les parlementaires ont également souhaité renforcer le rôle des maisons d’accompagnement, en précisant qu’elles devaient offrir un accueil structuré non seulement aux patients, mais aussi aux proches aidants et aux familles endeuillées.
Le rejet de l’aide à mourir : un bras de fer avec l’Assemblée
L’ambiance a été nettement plus électrique concernant la seconde proposition de loi, portée initialement par le député Olivier Falorni. Ce texte, qui prévoyait un dispositif encadré de suicide assisté et d’euthanasie, a été rejeté par 181 voix contre 122.
Pendant plusieurs jours, la majorité sénatoriale (droite et centre) a méthodiquement amendé le projet jusqu’à le vider de sa substance initiale. En commission, les sénateurs avaient tenté de substituer le texte par un dispositif très restrictif, centré sur le pronostic vital engagé à court terme. En séance publique, les débats ont abouti à une impasse, l’aile la plus conservatrice, menée par Bruno Retailleau, refusant toute « intervention volontaire ayant pour intention de provoquer la mort ».
Pour Olivier Falorni, ce vote est « l’expression d’une vision extrêmement conservatrice, très éloignée des attentes des Français ». À l’inverse, la rapporteuse LR Christine Bonfanti-Dossat a défendu une « orientation politique alternative » face à ce qu’elle qualifie de « permissivité extrême » des députés.
Prochaine étape : le Palais-Bourbon
Ce rejet n’enterre pas pour autant le texte sur l’aide à mourir. Le processus législatif se poursuit et la proposition de loi fera son retour à l’Assemblée nationale en deuxième lecture à partir du 16 février. Les députés devraient, selon toute vraisemblance, rétablir la version initiale qu'ils avaient adoptée au printemps 2025, augurant de nouveaux échanges musclés entre les deux chambres.
Alors que la proposition de loi visant à « garantir l’égal accès aux soins palliatifs » a été adoptée en commission le 9 février, son examen en hémicycle se tiendra la semaine prochaine, avec un vote solennel prévu le 24 février, le même jour que celui sur le « droit à l’aide à mourir ».
Sur le terrain, cet accès passe notamment par la santé à domicile.
Les prestataires de santé à domicile (PSAD) accompagnent chaque jour des patients en fin de vie chez eux, en lien étroit avec les médecins traitants, les infirmiers libéraux et les équipes d’Hospitalisation à Domicile (HAD).
Leur rôle est central : installer et sécuriser les dispositifs médicaux indispensables (pompes antidouleur, perfusions, oxygène, nutrition…), former les patients et leurs proches à leur utilisation, intervenir rapidement en cas de problème et assurer des permanences 24h/24 et 7j/7.
Ils garantissent ainsi la continuité des soins entre l’hôpital et le domicile.
L’UPSADI (Union des Prestataires de Santé à Domicile Indépendants) représente ces acteurs essentiels de la santé à domicile. Elle défend leurs intérêts et met en lumière leur contribution au maintien à domicile, à la continuité des soins et au lien entre ville et hôpital.