Un contraste saisissant avec l'économie nationale
L'année 2025 restera celle d'un paradoxe. Malgré une épargne élevée et une consommation prudente des Français, le PIB national a progressé. Pourtant, cette dynamique ne profite pas aux acteurs de l'économie de proximité. Selon l’enquête Xerfi menée auprès de 7 675 chefs d’entreprise, le chiffre d’affaires global du secteur a reculé de 1 % sur l'ensemble de l'année.
La situation s'est particulièrement dégradée en fin d'exercice : après un début d'année en demi-teinte, l'activité a plongé pour atteindre -1,6 % au quatrième trimestre 2025.
Les petites structures en première ligne
Le déclin de l'activité frappe de manière disproportionnée les plus petites unités. Ce sont les entreprises sans salarié qui subissent le choc le plus brutal, avec une chute de 2,6 % de leur chiffre d'affaires. À l'inverse, les entreprises de plus de 5 salariés semblent mieux armées pour amortir le choc, limitant leur baisse à 0,6 %.
Disparités sectorielles : la construction et la fabrication dans le rouge
Si l'ensemble des secteurs de l'U2P finit l'année dans le négatif au dernier trimestre, certains secteurs affichent des bilans annuels alarmants :
- Construction : Le secteur le plus durement touché avec une chute de 4 % sur l'année.
- Fabrication et Services : Un recul marqué de 1,5 % sur 2025.
- Alimentation et Hôtellerie-Restauration : Une relative résilience avec une activité globalement stable (0 %) sur l'année, malgré un fléchissement en fin de période.
- Professions Libérales : Elles s'en sortent le mieux avec une baisse limitée à 0,6 % au dernier trimestre et une situation financière jugée en légère amélioration par les praticiens.
L'appel de l'U2P : sortir de l'incertitude
Face à ces chiffres, l'inquiétude grandit concernant la trésorerie des dirigeants, notamment dans l'artisanat et le bâtiment. Pour Michel Picon, Président de l’U2P, l'enjeu est désormais politique et réglementaire.
« L’économie de proximité garde un fort potentiel de développement pour peu que son environnement légal, réglementaire et fiscal s’améliore durablement », affirme-t-il.
Le secteur attend désormais beaucoup du projet de budget 2026 pour lever les incertitudes. Les priorités sont claires : une simplification administrative réelle, une baisse du coût du travail et une clarification du financement de la protection sociale. Pour les entreprises de proximité, 2026 doit impérativement être l'année du rebond sous peine de voir le tissu artisanal français se fragiliser davantage.