L'heure est au bilan pour la Confédération générale des Scop et des Scic. Alors que la mandature 2022-2025 touche à sa fin, les chiffres publiés ce jour témoignent d'une résilience remarquable. En quatre ans, le nombre de sociétés coopératives a progressé de 7 %, portant le réseau à 4 583 entreprises.

Une performance économique qui défie la conjoncture

Si l'année 2025 a connu un léger tassement du nombre de structures (-0,5 %), les indicateurs de rentabilité et de croissance, eux, s'envolent sur l'ensemble de la période :

  • Chiffre d’affaires cumulé : +28,6 % (atteignant 10,3 milliards d'euros).
  • Valeur ajoutée : +58 %.
  • Résultat net : +70,5 %.
  • Capitaux propres : +34 %.

Ces résultats ne sont pas seulement des chiffres comptables ; ils illustrent la viabilité d'un modèle où la performance sert le collectif. En 2025, 46 % des résultats ont été redistribués aux salariés via la participation, tandis que 42 % ont été mis en réserve pour garantir la pérennité de l'outil de travail.

L'emploi au cœur de la stratégie

Le Mouvement s'affirme comme un moteur social avec une croissance de 12,1 % des effectifs en quatre ans. Le modèle séduit par sa stabilité : le taux de pérennité des coopératives à cinq ans s'élève à 79 %, contre seulement 69 % pour la moyenne nationale des entreprises françaises.

Focus sur les modèles : La percée des Scic

Si les Scop (Sociétés coopératives de production) restent le socle du mouvement, les Scic (Sociétés coopératives d'intérêt collectif) affichent une vitalité impressionnante.

Indicateurs (2025) :

  • Nombre de structures : 2 732 SCOP et 1 421 SCIC
  • Évolution (sur 4 ans) : +4,1 % pour les SCOP et +10,4 % pour les SCIC
  • Évolution effectifs : +4,4 % pour les SCOP et +32,5 % pour les SCIC

Cette poussée des Scic démontre l'intérêt croissant pour des structures multi-sociétariales, particulièrement dans les secteurs de la transition écologique, de l'énergie et de l'action sociale.

Un ancrage territorial et une réponse aux crises

Le mouvement ne se contente pas de créer ; il sauve. En quatre ans, 1 368 emplois ont été préservés grâce à la reprise en coopérative d'entreprises en difficulté. Le sauvetage de fleurons industriels, à l'image de Bergère de France, illustre cette capacité à maintenir l'activité et le savoir-faire au cœur des territoires.

« Le Mouvement a su absorber les chocs successifs sans rupture structurelle », souligne Jacques Landriot, président de la CG Scop. « Notre ambition demeure de faire des Scop et des Scic des entreprises de référence pour une économie plus humaine et durable. »

Cap sur l'avenir

Pour Fatima Bellaredj, déléguée générale de la CG Scop, cette mandature laisse un mouvement « plus visible et mieux armé ». Entre innovation organisationnelle, transition écologique et recherche de sens au travail, le modèle coopératif semble avoir trouvé son époque.

Alors que s'ouvre une nouvelle page pour la Confédération, l'objectif est clair : transformer l'essai de cette croissance pour ancrer définitivement la démocratie économique dans le paysage entrepreneurial français.

Pour plus d'informations : le rapport d'activité 2022-2025 des SCOP.