Le 16 février, comme chaque jeudi, la chaine France2 a diffusé le magazine Envoyé Spécial. Au sommaire, entre autres, un reportage sur les femmes de ménage aujourd'hui en France. Ce secteur d'activité est celui qui recrute le plus et les femmes de ménage sont plus d'un million à exercer. Un choix ? Rarement, la grande majorité des femmes optent pour cette activité faute de mieux. 

Un travail précaire et mal rémunéré 

Les journalistes ont ainsi suivi Liliane dans ses tâches quotidiennes. Ses journées peuvent être très longues et pénibles. Le mercredi, Liliane enchaine fait le ménage à Saint Quentin, chez quatre clients différents pour une journée de 13 heures qui comporte plusieurs trajets. Elle gagne 700 euros par mois. 

Bien qu'elle soit fière de son travail car ses employeurs sont satisfaits, Liliane confesse redouter la solitude de son métier qui lui fait passer de longs moments seule dans des maisons souvent vides. Elle exprime aussi une certaine amertume vis-à-vis d'une activité qui n'est pas enrichissante et n'offre que peu de sujets de conversation, le tout sans aucune perspective d'évolution. 

Des sociétés de services aux propositions apparemment intéressantes 

Employées précaires ou chômeuses de longue durée, les femmes sont réceptives aux propositions des sociétés de services. Un employeur unique qui peut leur proposer un emploi en CDI. Avec 3.700 femmes de ménage employées, O2 est le leader du marché. Le reportage d'Envoyé Spécial présente une réunion d'information organisée par l'entreprise dans les locaux de Pôle Emploi. Une quinzaine de femmes y assistent. Elles sont très majoritairement d'origine immigrée, séniors, sans aucune qualification, voire illettrées. 

Au cours de la réunion, O2 vante la non-discrimination à l'embauche, l'inutilité d'avoir des diplômes, et la perspective pour elles d'obtenir un CDI à temps plein. La simulation de salaire, au SMIC, se fait sur 20 ou 35h/semaine, à la carte. De plus, O2 présente l'évolution de carrière possible pour les meilleures, à savoir un poste de gouvernante à 11€ net de l'heure, soit 20% de plus que le SMIC. 

Pour les contrats proposés par O2, l'entreprise s'engage à fournir au moins 8 heures de travail par mois. Le nombre d'heures de travail recherchées par la nouvelle employée est enregistré et l'entreprise fait tout son possible pour satisfaire sa demande.

Du travail au noir 

Le dernier point abordé par le reportage de France2 concerne une autre frange de la population des aides ménagères : les employées de maison. Plus d'un 1/3 de cette main d'oeuvre travaillerait « au noir ». On estime qu'elles sont environ 45 000, la plupart d'origine philippine à travailler dans les beaux quartiers de Paris et dans huit cas sur dix, elles sont sans papiers. Le reportage montre l'exemple d'une femme payée 2000€ par mois de la main à la main, avec un petit studio « de fonction » qui se fait virer du jour au lendemain sur un coup de tête de son employeuse. Elle est d'ailleurs aussitôt remplacée par une autre femme au statut identique. 

En France aujourd'hui, le marché potentiel du ménage représente 4 millions de foyers. Cette année, les métiers du ménage vont proposer 140 000 offres d'emplois, soit 10% de toutes les propositions d'embauche.

Commentaires

Un titre racoleur et un traitement à charge qui dénigre totalement une profession. Pire, un traitement partiel et partial de l'information. Juste un exemple parmi beaucoup d'autres : Ernestine est embauchée par O2 et souhaite travailler entre 20 et 25h par semaine. Elle signe un contrat de travail avec un minimum garanti de 8h par mois. Et la journaliste indique que le 1er mois, Ernestine n'a travaillé que 11h. Sous entendu, O2 ne respecte pas ses engagements et arnaque ses salariés. Quelle est la réalité ? Ernestine a été embauchée le lundi 30 mai à 14h. Elle a travaillé 4h dans l'après-midi du lundi 30 mai et 7h le mardi 31 mai. soit 11h le premier mois. l'information de la journaliste est donc vraie. mais elle oublie de préciser que le 1er mois en question n'a duré qu'une journée et demie, du lundi 30 mai à 14h au mardi 31 mai à 17h... en Juin, Ernestine a travaillé 92h, soit 23h par semaine, ce qui correspond à ce qu'elle avait demandé, avec tous les mercredis de disponible, des prestations qui ne commencent pas avant 9h et ne se finissent pas après 17h comme elle le souhaitait, et toutes les prestations dans le 18ème arrondissement, donc très proches les unes des autres et très proches de son domicile qui est dans le 18ème. En juin, elle a gagné 728,13 euros net pour 92h de travail ; ce qui équivaut à 1200 euros net pour un temps plein. soit 12,5% de plus que le SMIC. Toutes ces informations sont bien évidemment auditables et vérifiables, et la journaliste les connaissait. Dans ces conditions, on peut se demander quel est le but recherché par cette journaliste. Pourquoi dénigre-t-elle une profession et, à travers une entreprise leader, toutes les entreprises du secteur ? Nous n'avons pas encore décidé des suites éventuelles que nous allons donner à cette affaire, mais il est important que tous les professionnels et acteurs du secteur ne se fassent pas berner par un traitement partiel et partial de l'information. Le projet d'entreprise d'O2 est construit autour de la conviction qu'"un salarié satisfait c'est à 99,9% la garantie d'un client satisfait". C'est pourquoi O2 a toujours recherché la satisfaction de ses salariés. Et même si nous avons encore des progrès à faire, les résultats de nos enquêtes de satisfaction sont plutôt positifs et je vous invite à les découvrir sur notre site internet : http://blog.o2.fr/2012/02/15/enquete-satisfaction-salaries/
<p>Merci Mr Richard pour ces précisions sur la situation d'Ernestine. Les journalistes aiment malheureusement faire des reportages ultra racoleurs qui peuvent nuire fortement. Le reportage sur le soutien scolaire avait fait beaucoup de mal. J'imagine que de nombreuses entreprises ont refusé de recevoir les journalistes. Vous avez joué le jeux en laissant venir les journalistes (ce n'est pas filmé en caméra cachée à priori). Ils n'ont gardé effectivement que les informations qui allaient dans le sens du message qu'ils voulaient faire passer.</p>
Monsieur, Je suis l'auteure de l'enquête d'Envoyé spécial citée plus haut. Après avoir laissé la Justice se prononcer, je tiens à rétablir un peu de vérité sur votre site. Mr Richard se permet de tenir ici-même des propos diffamatoires à mon encontre et envers mon travail. Mr Guillaume Richard, dirigeant de la société O2 a intenté deux actions en Justice contre mon enquête. Pour la première, il a été débouté deux fois, en première instance et en appel. Il a ensuite abandonné la deuxième procédure. Je tiens à attirer votre attention sur le fait qu'au vu des arrêts rendus par la Justice, les propos tenus sur votre site sont susceptibles de constituer une atteinte à mon honneur (cf plus bas). Voici un extrait des conclusions du dernier arrêt rendu par la Cour d'appel de Paris déboutant O2 (daté du 26 février 2013) : "....Considérant qu'au vu de la retranscription du reportage figurant dans le procès-verbal de constat, il en ressort qu'une séance de recrutement est filmée et que la journaliste constate que les candidates sont toutes immigrées, souvent âgées et sans aucune qualification ; que la société elle-même déclare qu'il est proposé un métier qui n'est pas diplômant et comme tel ouvert à n'importe qui et qu'il est proposé un CDI à temps plein, pour 20 ou 35 heures par semaine à la carte en précisant le montant des salaires. Considérant que la société reproche de dire au travers de l'exemple de la salariée prénommée Ernestine qu'elle promet un temps plein alors qu'elle ne fournit que quelques heures de travail ; que, toutefois, il résulte de la retranscription précitée que si Ernestine demande à faire 25 heures par semaine, il ressort du contrat proposé à la signature d'Ernestine que seules 8 heures mensuelles pour une rémunération de 70 euros brut sont mentionnées au titre de l'engagement de la société, qu'il s'ensuit que les énonciations de la journaliste sont confortées par les réponses de la responsable de la société ; Considérant qu'au surplus, la conclusion de la journaliste mentionnant que des CDI de quelques heures par mois pour de maigres salaires est une pratique courante de la profession ; qu'elle ne stigmatise pas spécialement la société O2 et que les faits relatés correspondent à la réalité et à la situation économique qui ne permet pas de pourvoir des emplois à temps plein. Considérant enfin que la demande de droit de réponse se termine en reprochant à la journaliste d'avoir déformé la réalité ; que déformer la réalité, c'est lui faire perdre sa justesse, son sens , sa vraie nature ; que ce grief formé contre la journaliste à qui il est donc imputé d'avoir sciemment tronqué la réalité ou livré des fausses informations constitue une atteinte à l'honneur de celle-ci au regard des devoirs professionnels (cf la charte d'éthique des journaliste) qui lui sont imposés." J'espère que vous tiendrez désormais compte de ces éléments que je porte à votre connaissance et que dans le futur, vous éviterez de jouer le porte-voix de dirigeants d'entreprises contrariés par le fait que leurs méthodes soient révélées au grand jour par le travail journalistique. Cordialement Linda Bendali Journaliste-réalisatrice.
Je ne commenterai pas la décision de justice. Les faits relatés sur Ernestine qui a travaillé 92h en juin sont facilement vérifiables et pas remis en cause. Par ailleurs, la réalité sur la qualité de l'emploi est la suivante : 400 encadrants d'agence & 200 au Siège, à temps plein ; 3000 assistants ménagers & assistants de vie qui travaillent en moyenne 25h par semaine ; 3500 gardes d'enfants qui travaillent en moyenne 10h par semaine ; + 900 personnes en congé maternité, congé parental, ... = effectifs de 8000 personnes et 450 000h de prestation mensuelle (9M d'€ de facturation mensuelle). On est donc bien loin d'un CDI de quelques heures par mois, avec un temps partiel subi par le salarié. A votre disposition pour échanger et vous permettre de vérifier ces informations (qui sont publiques et facilement vérifiables).
Bonjour, L'article publié ci-dessus est fidèle autant que faire se peut au reportage diffusé sur France 2, il se veut objectif et neutre, tant sur le fond que sur la forme. Par ailleurs, aladom ne prend pas position dans le différend entre Madame Bendali, l'auteure de l'enquête d'Envoyé Spécial et la société O2, mais cet espace de discussion est libre et aladom ne serait être tenu responsable des propos qui sont échangés ici.
Dans un jugement du 9 juin 2015, le Conseil de prud'hommes de Nantes a requalifié un contrat de travail temps choisi de 11H par mois d'une salariée de Domus Vie en CDI temps plein, avec rappel de salaires correspondant.