Le Comité d'éthique est défavorable

Il a beaucoup été question de l'assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap récemment. Au coeur des discussions l'avis du Comité consultatif national d'éthique qui s'est prononcé contre cette pratique. 

Dans le texte qu'il a publié, le comité explique qu'il « n'est pas possible de faire de l'aide sexuelle une situation professionnelle comme les autres, en raison du principe de non utilisation marchande du corps humain. » En d'autres termes, le comité redoute une nouvelle forme de prostitution. Il préconise toutefois la formation des personnels soignants et éducatifs à la sexualité des patients. 

Engager une réflexion nationale sur la vie sexuelle des personnes handicapées 

Afin que cet avis ne mette pas un terme à la question et que le débat reste ouvert, le président du Conseil général de l'Essonne a proposé d'engager une réflexion nationale « sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. » Jérôme Guedj a déclaré que le Conseil général souhaitait « réfléchir à un cadre éthique et juridique pour cette mission » et non pas instaurer « un service public de prostitués. » 

Il est à l'unisson avec l'Association des paralysés de France, notamment sur la notion « d'éveil sur la sexualité » quant au rôle de l'assistant sexuel. L'APF estime, par la voix de sa présidente Pasacle Ribes que « l'assistance sexuelle peut permettre aux personnes handicapées de se masturber avec des sex toys, ce qui est une forme d'acte de rééducation sexuelle ». (la Gazette.fr) 

L'association milite depuis plusieurs années pour la création du statut d'assistant sexuel, rappelant à tous, qu'il ne faudrait pas oublier que les personnes handicapées sont des êtres humains sexués. Selon l'APF, la confusion entre assistance sexuelle et prostitution n'a pas lieu d'être car les différences sont de taille. 

Ne pas oublier que les personnes handicapées sont des êtres humains sexués...

En l'occurrence, « l'assistant sexuel est là pour aider à l'acte, il n'a pas pour mission d'effectuer des pénétrations ». Autre différence notable, dans le cadre de l'intervention d'un assistant sexuel, il est question « d'expérimenter sa propre sexualité, de retrouver confiance en soi, de reconnecter avec son propre corps » et surtout, il convient de préciser que « le nombre de séances est limité ». Dans les pays où le métier existe, ce nombre se situe entre 8 et 12 séance, afin d'éviter un éventuel attachement. 

Ce qui reste à définir, ce sont les questions du financement du statut des futurs assistants sexuels, de leur formation et leur recrutement. Pour l'heure, l'assistance sexuelle aux personnes handicapées est assimilée à de la prostitution et si intermédiaire il y a, à du proxénétisme. Le chemin à parcourir reste donc long, avant que la France ne permette aux personnes handicapées d'accéder à ce bien être à l'instar de leurs homologues du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de Suisse ou d'Allemagne.

Commentaires

Bonjour, ce message pour vous signaler la création d'un portail dédié à l'information sur le thème de l'assistance sexuelle : http://www.assistantsexuel.com Cordialement
Il y a beaucoup de bénévoles pour s'occuper des handicapés, l'assistance sexuelle ne pourrait elle dans certains cas relever du bénévolat ce qui réglerait le problème de la relation financière que certains trouvent "douteuse". Bien sur cela écarterait certaines professionnelles mais ne serait ce pas un bien?