Comment les personnes âgées sont-elles perçues et, en conséquence, comment sont-elles représentées par les médias ? C'est la question à laquelle Ariane Beauvillard, maitre de conférences en histoire contemporaine et en sciences de l'information et de la communication, a voulu répondre dans son ouvrage « Les croulants se portent bien ? ». Son ouvrage présente les résultats d'une étude sur les représentations de la vieillesse au cinéma et à la télévision sur une période s'échelonnant de 1949 à nos jours. 

Plus de place accordée aux personnes âgées ?

A l'heure où Emmanuelle Riva pourrait être récompensée par un oscar pour sa prestation dans le film Amour de Michael Haneke, il semble opportun de s'intéresser à la place occupée par les personnes âgées dans les différentes oeuvres de fiction. A 85 ans, si elle obtient la statuette hollywoodienne, Emmanuelle Riva sera l'actrice la plus âgée à avoir été distinguée. Les anciens occuperaient-ils une place plus visible aujourd'hui dans les oeuvres cinématographiques ? 

Selon Ariane Beauvillard, en soixante années de fictions réalisées pour le cinéma et la télévision, la négativité est l'impression qui l'emporte. Dans les fictions, les personnages âgés « se caractérisent par leur incapacité à agir, à vivre après la retraite et à rester dans un espace social en mouvement. » L'auteure trouve même qu'ils sont représentés avec « leur propre temps, ritualisé, leur propre espace, la maison de retraite, et leurs propres crises, physiques ou familiales. » 

Les clichés ont la vie dure

Sur la période étudiée, toutefois, des évolutions apparaissent qui suivent celle de la société : les campagnes se vident au profit des villes, les couples divorcent par consentement mutuel et internet entre dans les vies. Selon les acteurs et actrices employés on note également des changements, mais aussi selon le genre des fictions, les sexes et les écrans. 

En comparant les images du petit et du grand écran, Ariane Beauvillard met en évidence que les idées reçues sont plus présentes à la télévision qu'au cinéma et principalement sur les chaînes du service public. On y retrouve notamment les grands clichés physiques et sociaux, la vieillesse étant représentée comme une attente de de la mort, puis comme une véritable maladie. 

A la télé plus qu'au cinémé, vieillir se résumerait à attendre de mourir

L'étude des fictions diffusées sur les écrans depuis 1949 rappelle, selon l'auteure, « la difficulté à concevoir, d'une part, une société sans travail, mais aussi, d'autre part, à forger une place convenable pour les personnes âgées dans cette même société, autre que l'hospice ou le cimetière ». Les récents faits divers impliquant des personnes âgées font étrangement écho à cette constatation. 

 

 

Le livre d'Airane Beauvillard : "Les croulants se portent bien ? Les représentations fictionnelles de la vieillesse au grand et petit écran de 1949 à nos jours" aux Editions Le bord de l'eau  

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