Le fait divers qui secoue l'opinion

Hier, un fait divers sordide défrayait la chronique : une vieille dame, âgée de 94 ans a été « virée » de sa maison de retraite pour cause de factures impayées. Le montant total de l'ardoise s'élevait semble- t-il à 40.000 euros. 

Selon l'établissement, les relances téléphoniques ont précédé les courriers, avant un recours devant la justice qui n'a rien donné. Ne pouvant récupérer son dû, la direction a pris la surprenante décision de renvoyer la vieille dame à sa famille. « Retour à domicile » pour les uns, « exclusion » pour les autres.

Selon la maison de retraite, la famille a été avertie du jour du retour fixé à vendredi dernier, ce que ces derniers réfutent. Quoiqu'il en soit, ne trouvant personne pour l'accueillir, la chambre ayant derechef été réattribuée, juste le temps de changer les draps, les accompagnateurs de la nonagénaire ont jugé opportun, le croirez-vous, de laisser la vieille dame aux urgences où elle a passé le week-end. 

Violation de la dignité humaine pour les pouvoirs publics

Emoi et consternation dans la classe politique et dans l'opinion publique. Si la maison de retraite dit « regretter » une décision (pour le moins) « maladroite », le gouvernement parle de « violation du droit et de la dignité humaine ». Comme toujours dans ces cas-là, une enquête est ouverte. 

De son côté, l'un des enfants de la vieille dame a annoncé sur RTL ne pas avoir été prévenu du retour de la sa mère. Bien qu'il reconnaisse qu'un différend financier existe entre la famille et l'établissement, selon lui aucune décision de justice n'a été rendue et rien ne peut justifier ce qui s'est produit. 

Abandon de la vieille dame selon les uns

Sur Europe 1 ce matin, le co-directeur du groupe de maisons de retraite a dénoncé les « mensonges » du fils de la nonagénaire, en réclamant une confrontation. Selon lui, la famille qui a largement les moyens de subvenir aux besoins de la vieille dame, l'a tout simplement abandonnée et personne ne lui rendrait visite. 

Le gouvernement n'exclut pas d'engager une plainte contre la maison de retraite et d'éventuelles « mises en demeure de la famille ». Bien que l'établissement ait émis le souhait de réintégrer la vieille dame, la famille refuse et pour l'heure, Anne est hospitalisée dans l'établissement où exerce l'un de ses enfants en tant que praticien. 

Un cas qui ne serait pas isolé malheureusement

La question qui se pose bien sûr est de savoir s'il s'agit là d'un cas isolé ou pas. Malheureusement, il semblerait que non. Toujours sur RTL ce matin, alors que les auditeurs étaient invités à réagir par téléphone sur ce fait divers, une auditrice a témoigné pour évoquer une histoire similaire, à la fin tragique. 

L'auditrice a raconté l'histoire de sa mère, vivant en établissement d'accueil et qui, ne pouvant plus faire face aux mensualités de sa maison de retraite, s'est retrouvée sous tutelle financière. Le paiement de on hébergement a alors été réparti entre ses 4 enfants. L'un d'entre eux n'ayant pas assuré sa charge, le directeur de la maison de retraite a envoyé un courrier à la tutrice l'informant que la pensionnaire serait mise dans un taxi pour retour à son domicile. 

A 89 ans, la vieille dame a été informée de son expulsion prochaine. Cette nouvelle l'a déprimée et elle a refusé de s'alimenter. Contre l'avis de la maison de retraite qui s'y opposait, la famille a fait hospitaliser l'aïeule et elle est décédée après un mois et demi passé à l'hôpital. 

Le problème de la prise en charge de la dépendance sous les feux de la rampe

Ces deux faits divers posent la question du traitement des personnes âgées dans notre société. On apprend aujourd'hui, non sans effroi que l'exclusion des plus faibles, quitte à les mettre en danger de mort, pouvait se justifier par un argument financier. Au coeur du problème toutefois, se pose la question du coût des maisons de retraite. 

La prise en charge de la dépendance reste au coeur des préoccupations de nos dirigeants tant il est crucial de se pencher sur la question sans plus attendre. Ce fait divers peut alimenter le débat et il est à souhaiter qu'il accélère les prises de décision en la matière. Aujourd'hui, le coût moyen de la prise en charge dans une maison de retraite est supérieur à la moyenne des pensions versées. Alors, si on ne veut pas voir se multiplier les drames pour des motifs financiers, il est urgent d'agir.

Commentaires

Il n'y a pas de commentaires pour le moment