L'emploi se porte mal et c'est encore pire pour les personnes handicapées. Ces dernières années, le taux de chômage a littéralement « explosé » au sein de cette population. C'est le terme utilisé par l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (ADAPT). 

Début novembre s'est déroulée la 16ème édition de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées et les constats sont amers : depuis 2009, le nombre des demandeurs d'emplois handicapés a augmenté de 30%. Sur la seule année 2011, il a progressé de 13,9%. A titre de comparaison, sur cette même année, il a augmenté de 5,3% pour l'ensemble de la population active. 

En 2007, le taux de chômage des personnes handicapées se montait à 20%, soit le double de la moyenne nationale. Des chiffres effrayants, et pourtant...

S'acquitter d'une contribution financière plutôt qu'embaucher...

Pourtant, la loi du 10 juillet 1987 impose à tous les établissements publics ou privés d'au moins 20 salariés d'embaucher au moins 6% de personnes handicapées. Pour s'y soustraire, beaucoup préfèrent s'acquitter d'une contribution financière annuelle qu'ils reversent à l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). 

Selon les données de l'Agefiph, 39% des entreprises privées qui entrent dans cette catégorie comptent parmi leurs effectifs moins de 6% de travailleurs handicapés. Elles étaient même 8,3% en 2009 à n'employer aucun salarié en condition de handicap

Une augmentation sensibles des pénalités en 2005

Pour changer la donne, les pénalités financières prévues en cas de manquement ont été augmentées en 2005. Depuis, les établissements qui n'ont entrepris aucune action « positive » en faveur de l'emploi de travailleurs handicapés pendant 4 années consécutives doivent payer 1.500 fois le Smic horaire par emploi manquant. Cette augmentation sensible des pénalités e eu un effet positif immédiat, notamment sur la proportion d'établissement « à quota zéro ». 

Toutefois, force est de constater que cela ne suffit pas. Un autre problème persiste qui est l'un des dénominateurs communs aux personnes qui rencontrent beaucoup de difficultés à trouver un emploi : le faible niveau de qualification. 

Des travailleurs peu qualifiés

Selon un rapport réalisé par les sénatrices Claire-Lise Campion et Isabelle Debré, « près de 83% des travailleurs handicapés ont aujourd'hui une qualification égale ou inférieure au CAP ou au BEP. » Elles utilisent même la notion de « double peine » pour évoquer la situation des jeunes handicapés. C'est à juste titre vers ce public donné que les sénatrices préconisent de mettre en place des actions visant tout d'abord à leur permettre une réussite scolaire, préambule à une future insertion professionnelle.

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