Au moment où le mariage entre deux personnes du même sexe alimente les conversations, le Mouvement Mondial des Mères France s'inquiète sur le devenir de la famille dans sa définition juridique.

Le projet de loi de « mariage pour tous » a été approuvé en conseil des ministres au début du mois de novembre. Si cette partie du projet fait couler beaucoup d'encre, on a nettement moins entendu parler de la réforme qui l'accompagne, celle du code civil et des différents codes (des impôts, de la sécurité sociale etc..)

Fini le "père" et la "mère" dans tous les documents administratifs et juridiques

En effet, le projet de loi prévoit de supprimer les termes de « père » et de « mère » pour les remplacer, selon, par le terme de « parent » indifférencié. De même, « mari et femme » sont remplacés par « époux » et « l'aïeul et l'aïeule » sont remplacés par les mots : « les aïeuls ». Tous les termes se rapportant à l'un ou l'autre sexe sont donc supprimés.

À noter enfin que les actes d'état civil comme le livret de famille continueront à utiliser les termes de « père et mère » lorsqu'il s'agira de couples de personnes de sexe différent. De plus, dans un autre registre, tel que le texte est prévu actuellement, dans un couple marié constitué d'un homme et d'une femme, l'homme ne serait plus présumé être le père d'un enfant à venir. 

Vers des Etats Généraux de la Famille... ?

Ces sujets inquiètent le MMMF qui souhaite l'organisation des Etats Généraux de la Famille pour discuter des conséquences de cette loi. Le mouvement demande en outre, « qu'un texte qui envisage une réforme aussi profonde des institutions ne soit pas adopté à la va vite et fasse l'objet d'un réel débat de société. » 

Le Mouvement Mondial des Mères est une ONG apolitique et non confessionnelle dont l'objet est d'entendre et de faire entendre la voix des mères. Présent dans plus de 30 pays au monde, leMouvement Mondial des Mères a un statut consultatif général à l'ONU.

Commentaires

Merci pour cet article. Je partage votre inquiétude sur ce point précis. On a déjà vu avec l'application de la loi de 2002 sur l'autorité parentale et la résidence alternée que les flous et imprécisions d'une loi peuvent être désastreux pour les plus faibles, c'est à dire les enfants et les femmes. En l'occurrence, l'absence de précisions sur l'âge de l'enfant, l'existence ou non de violence domestique, etc., a conduit à laisser des femmes et enfants vivre dans la terreur d'hommes violents sous le couvert de la loi, et à séparer de tout jeunes enfants de leur mère, à une période de la vie où cela représente un traumatisme qui les dépasse. Il faut être très prudent par rapport aux avancées de la justice, car la réalité montre qu'elles permettent parfois de graves régressions pour la protection des enfants et des femmes.