We are not good in english (entre autres)

D'une façon générale, les français ont la réputation de ne pas être très doués en langues étrangères. Il suffit d'entendre nos politiques s'exprimer dans la langue de Shakespeare pour en être convaincu. On a ainsi entendu, au plus haut niveau de l'état, une petite phrase qui en dit long sur cette maîtrise plus qu'approximative : alors qu'il pleuvait sur Paris, l'hôte s'excusa auprès de son invité anglophile avec un formidable « sorry for the time »...

Bref, c'est une certitude, mis à part notre français bien malmené lui aussi, nous avons pour la majorité d'entre nous un accent épouvantable, bien que souvent qualifié de « so cute » par nos amis d'outre-manche. Et pourtant, ce n'est pas faute de passer du temps, des années, à étudier l'anglais, entre autres. 

Et pourtant, on les étudie ces langues

Il faut donc croire que l'enseignement des langues, tel que dispensé dans nos écoles, ne suffit pas à faire de nos bambins des polyglottes émérites. Que nenni. A moins de partir vivre plus ou moins longtemps et plutôt plus que moins à l'étranger, les français restent parmi les derniers de la classe européenne dans la pratique d'une deuxième langue. 

Fort de ce constat, peu glorieux, le député UMP Denis Jacquat vient de déposer une  proposition de loi pour obliger les chaines de télévision à nous donner systématiquement le choix entre la version originale sous-titrée et la version française pour tous les films et les fictions diffusées sur le câble ou via l'ADSL. 

C'est un premier pas. Maintenant, de là à dire que la majorité choisira la VOST alors qu'elle aura toujours la possibilité de regarder le film en VF... rien n'est moins certain. Peut-être que dans un deuxième temps, on passera à la suppression de la VF avec version originale sous-titrée OBLIGATOIRE pour tout le monde. Certes, ce ne serait guère démocratique, ni populaire, mais bon, il faut savoir ce que l'on veut. Et puis, regarder James Bond dans son jus, c'est plus ludique qu'un cours particulier d'anglais... 

La fin justifie etc...

Pour expliquer sa démarche, le député Jacquat a notamment précisé dans son projet que « la maîtrise d'une seconde langue européenne se révèle être un véritable facteur d'intégration sociale et professionnelle. » Il a raison. Pour s'en convaincre, il suffit de lire quelques annonces d'offres d'emploi. 

Selon Denis Jacquat : « la construction de véritables compétences communicatives et interculturelles ne peut se limiter à la stricte sphère de l'école. » L'apprentissage des langues étrangères doit « pouvoir entrer dans le quotidien des français en s'étendant au cercle familial, par le biais notamment de la télévision dont, justement, les jeunes sont de grands consommateurs. » On ne peut pas lui donner tort. Sera-ce suffisant?...

Commentaires

Il n'y a pas de commentaires pour le moment