L'isolement et la solitude qu'il engendre seraient parmi les causes majeures du grand désarroi dans lequel se retrouvent de trop nombreuses personnes qui préfèrent mettre fin à leurs jours. On en parle pourtant très peu, sans doute parce qu'il est difficile pour une société de s'entendre dire que ses vieux préfèrent mourir plutôt que continuer à vivre en son sein... 

La ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, Michèle Delaunay a lancé un appel à la vigilance au début du mois d'août. En l'espace de quelques jours, trois cas suicides avaient été relayés par les médias. Une femme défenestrée de sa résidence-foyer et deux hommes ayant mis fin à leurs jours. Trois cas de désespoir, aucun lien entre eux, mais un dénominateur commun : l'âge avancé des suicidés. 

Ils disent que vivre "ne sert" plus à rien...

Michèle Delaunay s'est indignée sur son blog, nous rappelant « que nous sommes tous comptables de cette situation ». L'été amplifie la solitude, elle grandit d'autant que les villes, les quartiers se vident. La solitude engendre alors toutes les angoisses et sans personne pour y répondre, l'abîme se creuse pour y sombrer. 

Les suicides de personnes âgées augmentent en nombre en période estivale, mais au quotidien déjà, force est de constater que les chiffres sont alarmants avec 40 morts par suicide pour 100.000 habitants dans la tranche des plus de 85 ans, un taux deux fois supérieurs à celui des 25 – 44 ans. (France Prévention suicide). Passés 95 ans, toujours selon France Prévention Suicide, les hommes se suicideraient 10 fois plus que le reste de la population. 

Sonner chez son voisin pour s'assurer que tout va bien

L'isolement de nos anciens est toujours au coeur du problème, même s'il ne suffit pas à lui seul pour expliquer la situation. Des solutions existent toutefois, telles que celle mise en place par la Poste dont nous avions déjà parlé sur ces pages, de là à dire que c'est le remède au suicide, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas.

Dans les maisons de retraite et autres établissements qui accueillent les personnes âgées, c'est le déficit de personnel qui pourrait être mis en cause dans le non dépistage de l'état dépressif des anciens. Le déceler nécessite de l'attention et donc une présence. 

La dépendance et sa prise en charge, un chantier qui urge !

Le cumul de ces constats de mal être des personnes âgées pose le problème récurrent de l'autonomie des plus vieux, de la prise en charge de la dépendance tant au niveau financier, qu'humain ou matériel pour rompre l'isolement, mais aussi la souffrance.

Une loi « d'anticipation et d'accompagnement de la perte d'autonomie » est en préparation. La ministre des personnes âgées souhaite que « la lutte contre l'isolement des âgés, le rétablissement de liens intergénérationnels et de voisinage et la prévention de la perte d'autonomie » soient des priorités (source JDD).

Commentaires

Vivement le vote de cette loi sur l'anticipation et l'accompagnement en cas de perte d'autonomie. Tellement le nombre de suicidaires a augmenté chez le troisième âge.