Le 7 février dernier, nous avions publié dans les pages d'Aladom un article sur la sortie en librairie du livre de Thierry Crouzet : « J'ai débranché – Comment revivre sans internet après une overdose. » Un ouvrage où l'auteur raconte son addiction aux canaux numériques. Il semblerait que loin d'être isolé, son cas se répande parmi les citoyens du XXIème siècle. L'addiction porterait même un nom : la nomophobie, contraction de « no mobile phobia ». 

Si vous avez noyé votre mobile (un acte manqué ?) et que vous l'avez remplacé sans sourciller par un Ola fonctionnant avec des piles, vous n'êtes pas nomophobe. Par contre, si vous préférez changer d'employeur plutôt que de vous priver de facebook pendant vos heures de travail ou si vous avez annulé le raid à dos de chameau dans le Sahara pour cause d'absence de réseau, alors méfiez-vous, la nomophobie vous guète. 

Les jeunes très angoissés à l'idée de perdre leur portable

Selon une étude menée au Royaume Uni par l'entreprise de sécurité pour mobile SecurEnjoy auprès d'un échantillon de 1.000 utilisateurs en 2008, 66% d'entre eux se disaient « très angoissés » à l'idée de perdre leur téléphone. Une proportion qui pouvait atteindre 76% chez les jeunes de 18-24 ans. Ils étaient même 40% à posséder deux téléphones. 

Le phénomène de dépendance n'a fait que croitre avec l'arrivée des smartphones et de leurs applications toutes plus pratiques et ludiques les unes que les autres. Plus de besoin de demander son chemin à quelqu'un dans la rue (un rêve masculin ?), la tribu toujours joignable partout, tout le temps, les horaires du cinéma et les restaurants à proximité, la météo, les bouchons sur la route, les radars, le journal télé, la boussole, le niveau, le café... euh, non, quand même pas.

Mais comment se passer du téléphone-couteau suisse ?

Mieux qu'un couteau suisse, pour beaucoup, le smartphone est devenu IN-DIS-PEN-SA-BLE. Il faut bien reconnaitre que ces appareils ont réponse à tout, la facilité incarnée, d'où l'addiction pour certains. En France, la société Mingle a réalisé un sondage en ligne, en mars dernier, auprès d'un échantillon de 1.500 utilisateurs. Les résultats sont édifiants : 

  • 22% avouent qu'il leur est « impossible » de passer plus d'une journée sans leur téléphone portable (34% chez les 15-19 ans) 
  • 29% pourraient s'en passer « mais difficilement » 
  • 49% s'en passeraient « sans problème » 

Garder le lien avec sa communauté virtuelle est viscéral pour beaucoup et il suffit de prendre les transports en commun pour le constater. Il faut rester connecté et vérifier sans cesse son téléphone, « au cas où ». Où quoi ? Et bien dans une société de l'information (ou la désinformation) est permanente et immédiate, la réponse est « au cas où il se passe quelque chose ». Car il faut pouvoir réagir instantanément. Adieu patience, analyse, réflexion, discernement... ( ?) 

Les symptômes liés à la nomophobie sont ceux de la crise d'angoisse, tels que rapportés par Thierry Crouzet dans son livre, souffle court et rythme cardiaque accéléré. Rappelons tout de même que le sevrage à l'addiction numérique est purement d'ordre psychologique. Si si, c'est vrai. On peut passer une excellente journée sans connexion, il parait même que c'est le printemps en ce moment et que les arbres sont en fleurs, vous n'aviez pas remarqué ?

Commentaires

Je confirme ! Les gens sont de plus en plus accros à leur mobile. Cf le blog http://www.histoiresdeportables.com qui raconte des anecdotes vécues par des utilisateurs. Hilarant ou désespérant ? A chacun de voir !
C'est clair, on peut recevoir des informations grâce au mobile, acheter à partir d'un mobile, discuter à partir d'un mobile, c'est fou ce que c'est pratique d'avoir un mobile,....dans tous les cas, il n'est pas tellement bien qu'un jeune de 15 ans soit accroc à ce type de technologie, car ça va simplement ramollir leur cerveau. C'est pour cette raison que les téléphones sont interdits au lycée.