Quand on dit délinquance, on pense juvénile. Et si cette délinquance devenait sénile ? Fi des clichés qui représentent le délinquant type dans la peau d'un jeune à capuche et à baggy, à l'accent banlieusard et au vocabulaire hermétique à son prof de français. C'est un fait, la délinquance n'est pas l'apanage des jeunes, le temps est venu pour les séniors voyous d'occuper le terrain. On pourrait presqu'en rire, mais cette situation n'est que la traduction d'une réalité parfois bien triste. 

Pour expliquer le boom de la délinquance des séniors, deux phénomènes très distincts se conjuguent. Tout d'abord la vérité des chiffres. Selon l'INSEE, en 2050, un Français sur trois aura plus de 60 ans, contre un sur cinq aujourd'hui. L'effet généré est purement mécanique : si la population vieillit, les délinquants aussi (le Figaro). Dans cet avenir proche, nous devrions donc compter 40 000 « crimes gris » par an (appellation sociologique) contre 24 000 aujourd'hui, soit une augmentation de 65%. Et c'est sans compter sur l'allongement de la durée de vie et sur la meilleure santé des anciens. En résumé : plus nombreux, plus longtemps et en meilleure forme. 

La précarité aussi génère la délinquance 

D'un côté les délinquants vieillissent en même temps que la population, de l'autre leur situation se précarise. Parfois isolé, avec un pouvoir d'achat dont on sait qu'il est inversement proportionnel au coût de la vie, le sénior passe à l'acte. Certains de nos anciens fauchent au rayon charcuterie pour se nourrir, d'autres choisissent le crime pour être pris en charge par l'administration quitte à ce que ce soit derrière les barreaux. Cette situation pousse d'ailleurs les établissements à s'équiper pour recevoir ces pensionnaires d'un nouveau genre... Alors, à quand la « Maison d'arrêt et de retraite » ? 

Pour en savoir plus, « Les papys flingueurs » de Laurence Ubrich, Bourin Editeur.

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