Depuis le début de l'année, la France est lancée dans le grand débat national de la prise en charge de la dépendance. Alors que les français se montrent inquiets, les Nordiques ont déjà réglé le problème depuis de nombreuses années.

Une adaptation des conditions de travail

Il y a quelques semaines, un article du magasine Le Figaro est paru, concernant les effets préventifs de la vie active contre la perte d'autonomie des seniors en Europe. Cet article s'appuie sur une étude menée par l'Institut de Recherche et de Documentation en économie de la Santé (Irdes) sur l'état de santé des 50/59 ans dans 14 pays européens.On s'aperçoit le maintien d'une vie professionnelle retarderait la dégradation des conditions de santé.

Les pays nordiques (Suède, Norvège, Finlande, Danemark) adaptent les conditions de travail à l'âge des salariés ce qui leur permet de conserver leur emploi plus longtemps. La conséquence directe est donc un meilleur financement des services professionnels de prise en charge des personnes dépendantes. En 2009,  58% et 41% de travailleurs de plus de 50 ans étaient embauchés par la Norvège et la Suède et seulement 29,7% des Français pour la même tranche d'âge.

Un état providence universel

Les pays nordiques s'appuient sur un Etat providence universel qui permet à chaque individu, sans le moindre critère d'âge ou de situation sociale, de recevoir des services de prestataires publics ou privés à but non lucratif. Ces services à la personnes sont très contrôlés au niveau de la formation du personnel. Ce système universel est financé par l'impôt national et les municipalités. On ne parle donc pas de prise en charge de la dépendance, mais de compensation de la perte d'autonomie.

La notion de "prise en charge" semble purement française depuis les années 80 et une vision médicale clairement imposée par les gériatres. Elle part de l'idée que la dépendance est irréversible et que l'on ne peut rien faire pour améliorer l'autonomie des personnes âgées. Ainsi la grille AGGIR classe les personnes âgées en fonction de leur niveau de dépendance de 1 à 6.

 En France aujourd'hui on laisse le patient définir ses besoins et « acheter » des services en choisissant le prestataire (public ou privé) qui lui convient le mieux grâce au financement de l'APA. Mais seulement 20 à 30 % des services à la personnes concernent des personnes dépendantes.

Michel Naiditch, chercheur et médecin à l'IRDES déplore: "Nous assistons à une dérive d'un système universaliste de prise en charge vers un modèle de plus en plus inégalitaire, de moins en moins axé sur la prévention".

 

Commentaires

Il n'y a pas de commentaires pour le moment