Malgré la pression exercée sur cet homme de 75 ans pour le réduire au silence, le quotidien "L'Union" a décidé de relater le fait divers tout en gardant cachées les coordonnées de l'ensemble des protagonistes.

Paulo le bricoleur

Paulo est aujourd'hui un homme de 75 ans, un bosseur à la vie bien remplie. Ancien rugbyman, il travaille avec ses parents dans la restauration avant de devenir lui-même propriétaire de sa propre brasserie, une belle entreprise de 146 couverts. Mais notre homme est déjà victime à la fin des années 80 d'une escroquerie puisque lors de la vente de la brasserie, un "homme de confiance" s'enfuit avec l'argent de la vente. Paulo doit tout reprendre de zéro.

Il part alors à Paris et reprend sa carrière de serveur pour monter les échelons et finir sa carrière comme directeur de restaurant. 2002 sonne l'heure de la retraite mais à 67 ans, Paulo l'hyperactif ne se sent pas prêt à tout arrêter. Ne touchant que 680 euros de pension, il décide de chercher une place comme gardien d'immeuble, "un endroit où j'aurais pu effectuer quelques heures tout en étant logé" indique Paulo.

En 2006, sa fille tombe sur une annonce recherchant "contre hébergement tout confort" un homme capable de faire quelques travaux de bricolage et de jardinage. C'est à Soissons chez un couple de notables de son âge que se rend alors Paulo ;  il sera embauché pour un contrat de 35h par mois contre 300€ en chèque emploi service et logé gratuitement dans un deux pièces au rez-de-chaussée de la demeure de ses employeurs.

Exploitation en bonne et due forme

5 années passent mais Paulo fait très largement plus d'heures que prévu, sans que cela ne change quoi que ce soit à son salaire. De menus travaux de bricolage, l'homme est passé chauffeur de Monsieur (Soissons/ Cannes régulièrement) mais aussi majordome puisqu'il sert les invités à table et guide touristique pour les amis de passage. Quant aux "petits" travaux de jardinage, il taille les haies et désherbe à genou la cour pavée. De plus le logement prévu est très sombre et étroit.

En octobre 2010, la crise éclate. On revoit le contrat de Paulo pour lui annoncer que de 35h le couple souhaite passer à 17h de service et donc de 300€, passer à 150€. En novembre et décembre Paulo reçoit son dû mais en janvier 2011, il est tout simplement licencié.

L'inspection du travail est saisie et fait son rapport : irrégularités et faits d'exploitations.

Le maitre chanteur

Le patron notable, prenant peur devant le risque potentiel que l'affaire éclate au grand jour propose à Paulo un chèque de 4 000 euros contre son silence sur toute l'histoire. Il faut dire que l'homme est connu et très en vue dans le département et dans le quartier des Batignoles à Paris...

Paulo se dit fatigué de toute cette histoire. "Je suis fatigué, ce harcèlement m'épuise, je veux rentrer près de mes enfants".

Rappelons que l'homme de main n'est en aucun cas "une bonne à tout faire" et que la loi encadre cette activité de façon rigoureuse. Pour tout renseignement, contacter la Chambre des métiers.

 

 

Commentaires

Il n'y a pas de commentaires pour le moment