Les parents du collège Jean Rostand d'Arbent ne décolèrent pas ; cela fait maintenant plus de 6 semaines que 75 élèves sont privés de cours de maths. Le Principal a donc fait appel au pôle emploi afin de l'aider dans sa recherche de remplaçant; une initiative qui est loin de faire l'unanimité. 

Un simple départ à la retraite

Le rectorat a été prévenu en octobre d'un départ à la retraite pour la fin du mois de décembre. Cependant à la rentrée des vacances de Noël, aucun remplaçant ne répond à l'appel. Stéphane le Portier, membre de la FCPE, s'étonne: "Nous ne sommes pas dans le cas d'un simple congé maladie... Ce départ était prévu de longue date. On ne part pas à la retraite sur un coup de tête, surtout dans le public."

L'établissement a déjà connu des incidents semblables l'an passé et il y plus de trois ans. Une situation qui témoigne de la politique du gouvernement qui ne remplace plus les départs en retraite ce qui amène une pénurie d'enseignants dans certaines régions.

Dans l'académie de Lyon il n'y a plus de titulaires remplaçants en mathématiques depuis le 31 août ce qui contraint le rectorat à chercher des professeurs contractuels ou vacataires. Ce sont généralement des étudiants qui se retrouvent avec ces contrats précaires et des salaires au lance-pierre en attendant qu'un titulaire prenne le poste.

Pôle emploi en désespoir de cause

Lorsque le rectorat a épuisé sa liste de vacataires, il ne reste plus au Principal que de se tourner vers l'agence du pôle emploi afin de vite trouver une solution. Mais c'est une pratique très controversée car c'est prendre le risque d'embaucher une personne avec peu d'expérience dans la pédagogie. Il s'agit souvent de personnes souhaitant enseigner et qui ont les diplômes nécessaires mais qui n'ont pas passé ou pas obtenu le concours de l'enseignement public et qui manquent donc de parcours en pédagogie et en enseignement.

On peut s'interroger sur l'avenir de l'éducation nationale si le problème des remplacements continue à se creuser. Cela prouve qu'il y a de moins en moins de moyens humains mais surtout une tendance à sacrifier l'enseignement et donc les enfants.

Pour le moment, au collège Jean Rostand, ce sont les parents qui font les maths à la maison...

 

 

 

Commentaires

"Il s'agit souvent de personnes souhaitant enseigner et qui ont les diplômes nécessaires mais qui n'ont pas passé ou pas obtenu le concours de l'enseignement public et qui manquent donc de parcours en pédagogie et en enseignement." Bien sur !! Les formations des professeurs de l'éducation nationale sont réputées pour leur nombreux modules de pédagogie...
Pour prendre la mesure du problème il faut accumuler ce type de témoignage, comme on le fait ici : http://nontitulaires.blogspot.com/ c'est désespérant...
La situation a heureusement quelque peu évoluée depuis. Le gouvernement a pris acte de cette situation et mets l'accent sur le recrutement dans l'enseignement. Tant mieux.