Article publié le 17/02/2012 à 16:05

Cette année, les métiers du ménage vont proposer 140 000 offres d'emplois, soit 10% de toutes les propositions d'embauche.
Le titre peut paraître racoleur et pourtant... Les femmes de ménage sont plus d'un million aujourd'hui en France. De la femme qui cumule les employeurs, à celle qui travaille à domicile sans contrat, en passant par les sociétés de services, toutes ne sont pas logées à la même enseigne.
Le 16 février, comme chaque jeudi, la chaine France2 a diffusé le magazine Envoyé Spécial. Au sommaire, entre autres, un reportage sur les femmes de ménage aujourd'hui en France. Ce secteur d'activité est celui qui recrute le plus et les femmes de ménage sont plus d'un million à exercer. Un choix ? Rarement, la grande majorité des femmes optent pour cette activité faute de mieux.
Les journalistes ont ainsi suivi Liliane dans ses tâches quotidiennes. Ses journées peuvent être très longues et pénibles. Le mercredi, Liliane enchaine fait le ménage à Saint Quentin, chez quatre clients différents pour une journée de 13 heures qui comporte plusieurs trajets. Elle gagne 700 euros par mois.
Bien qu'elle soit fière de son travail car ses employeurs sont satisfaits, Liliane confesse redouter la solitude de son métier qui lui fait passer de longs moments seule dans des maisons souvent vides. Elle exprime aussi une certaine amertume vis-à-vis d'une activité qui n'est pas enrichissante et n'offre que peu de sujets de conversation, le tout sans aucune perspective d'évolution.
Employées précaires ou chômeuses de longue durée, les femmes sont réceptives aux propositions des sociétés de services. Un employeur unique qui peut leur proposer un emploi en CDI. Avec 3.700 femmes de ménage employées, O2 est le leader du marché. Le reportage d'Envoyé Spécial présente une réunion d'information organisée par l'entreprise dans les locaux de Pôle Emploi. Une quinzaine de femmes y assistent. Elles sont très majoritairement d'origine immigrée, séniors, sans aucune qualification, voire illettrées.
Au cours de la réunion, O2 vante la non-discrimination à l'embauche, l'inutilité d'avoir des diplômes, et la perspective pour elles d'obtenir un CDI à temps plein. La simulation de salaire, au SMIC, se fait sur 20 ou 35h/semaine, à la carte. De plus, O2 présente l'évolution de carrière possible pour les meilleures, à savoir un poste de gouvernante à 11€ net de l'heure, soit 20% de plus que le SMIC.
Pour les contrats proposés par O2, l'entreprise s'engage à fournir au moins 8 heures de travail par mois. Le nombre d'heures de travail recherchées par la nouvelle employée est enregistré et l'entreprise fait tout son possible pour satisfaire sa demande.
Le dernier point abordé par le reportage de France2 concerne une autre frange de la population des aides ménagères : les employées de maison. Plus d'un 1/3 de cette main d'oeuvre travaillerait « au noir ». On estime qu'elles sont environ 45 000, la plupart d'origine philippine à travailler dans les beaux quartiers de Paris et dans huit cas sur dix, elles sont sans papiers. Le reportage montre l'exemple d'une femme payée 2000€ par mois de la main à la main, avec un petit studio « de fonction » qui se fait virer du jour au lendemain sur un coup de tête de son employeuse. Elle est d'ailleurs aussitôt remplacée par une autre femme au statut identique.
En France aujourd'hui, le marché potentiel du ménage représente 4 millions de foyers. Cette année, les métiers du ménage vont proposer 140 000 offres d'emplois, soit 10% de toutes les propositions d'embauche.
Source : France 2
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Commentaire de Guillaume RICHARD
Postée le 18/02/2012 à 12:07
Un titre racoleur et un traitement à charge qui dénigre totalement une profession.
Pire, un traitement partiel et partial de l'information.
Juste un exemple parmi beaucoup d'autres : Ernestine est embauchée par O2 et souhaite travailler entre 20 et 25h par semaine. Elle signe un contrat de travail avec un minimum garanti de 8h par mois. Et la journaliste indique que le 1er mois, Ernestine n'a travaillé que 11h. Sous entendu, O2 ne respecte pas ses engagements et arnaque ses salariés. Quelle est la réalité ?
Ernestine a été embauchée le lundi 30 mai à 14h. Elle a travaillé 4h dans l'après-midi du lundi 30 mai et 7h le mardi 31 mai. soit 11h le premier mois. l'information de la journaliste est donc vraie. mais elle oublie de préciser que le 1er mois en question n'a duré qu'une journée et demie, du lundi 30 mai à 14h au mardi 31 mai à 17h...
en Juin, Ernestine a travaillé 92h, soit 23h par semaine, ce qui correspond à ce qu'elle avait demandé, avec tous les mercredis de disponible, des prestations qui ne commencent pas avant 9h et ne se finissent pas après 17h comme elle le souhaitait, et toutes les prestations dans le 18ème arrondissement, donc très proches les unes des autres et très proches de son domicile qui est dans le 18ème. En juin, elle a gagné 728,13 euros net pour 92h de travail ; ce qui équivaut à 1200 euros net pour un temps plein. soit 12,5% de plus que le SMIC.
Toutes ces informations sont bien évidemment auditables et vérifiables, et la journaliste les connaissait.
Dans ces conditions, on peut se demander quel est le but recherché par cette journaliste.
Pourquoi dénigre-t-elle une profession et, à travers une entreprise leader, toutes les entreprises du secteur ?
Nous n'avons pas encore décidé des suites éventuelles que nous allons donner à cette affaire, mais il est important que tous les professionnels et acteurs du secteur ne se fassent pas berner par un traitement partiel et partial de l'information. Le projet d'entreprise d'O2 est construit autour de la conviction qu'"un salarié satisfait c'est à 99,9% la garantie d'un client satisfait". C'est pourquoi O2 a toujours recherché la satisfaction de ses salariés. Et même si nous avons encore des progrès à faire, les résultats de nos enquêtes de satisfaction sont plutôt positifs et je vous invite à les découvrir sur notre site internet :
http://blog.o2.fr/2012/02/15/enquete-satisfaction-salaries/
Commentaire de Guillaume THOMAS
Postée le 18/02/2012 à 18:59
Merci Mr Richard pour ces précisions sur la situation d'Ernestine. Envoyé spécial aime malheureusement faire des reportages ultra racoleurs qui peuvent nuire fortement. Le reportage sur le soutien scolaire avait fait beaucoup de mal.
J'imagine que de nombreuses entreprises ont refusé de recevoir les journalistes de France 2. Vous avez joué le jeux en laissant venir les journalistes (ce n'est pas filmé en caméra cachée à priori). Ils n'ont gardé effectivement que les informations qui allaient dans le sens du message qu'ils voulaient faire passer.
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